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Dossier
08/12/2006

Vraie fourrure : le point sur la législation

Si elle est loin de faire l'unanimité, la production de fourrure est aujourd'hui strictement encadrée par des normes européennes et internationales. Panorama de ces textes destinés à limiter les abus.
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Dossier fourrure

Le secteur en chiffres

La tendance des podiums ne fait que confirmer le phénomène constaté par la IFTF (International Fur Trade Federation) : le marché de la fourrure est en pleine expansion et ce depuis plusieurs années. Pour ne citer que quelques chiffres, le secteur représente pour la seule Union Européenne un chiffre d'affaires de 4 700 milliards de dollars, en progression continue depuis la fin des années 1990.

 

En France, les revenus issus de la fourrure sont évalués à 263 millions d'euros et connaît chaque année une croissance d'environ 10 % depuis 10 ans. On compte, dans l'Hexagone, une quarantaine d'élevages pour une production de peaux estimée à 280 000 par an pour les seuls visons et renards. Le secteur finance ainsi plusieurs centaines d'emplois directs. Si sur le plan économique, l'intérêt de la fourrure n'est plus à démontrer, le secteur fait encore jaser côté éthique. Reste donc à rappeler que la production de peaux est soumise en Europe comme à l'échelle internationale à une réglementation stricte tant pour la fourrure d'élevage que sauvage.

Fourrure d'élevage : une réglementation européenne claire

Bien que l'on associe souvent les créations en poils aux animaux sauvages, près de 85 % de la fourrure est issue de l'élevage et notamment des fermes européennes qui comptent pour 70 % de la production internationale de visons et 63 % de l'élevage de renards. Plus qu'une législation nationale, c'était donc une réglementation européenne qui s'imposait. En la matière, la directive 38/58 du Conseil de l'Union Européenne fait office de référence. Ce texte établit les règles de bien-être de tous les animaux d'élevage, y compris les espèces exploitées pour leurs peaux et leurs poils. Basée sur la Convention Européenne sur la protection des animaux dans les élevages, elle consacre notamment le droit des animaux à "ne pas souffrir de faim, de soif ", "de détresse physique" et enjoint les éleveurs à protéger les bêtes de "la peur et de la détresse". Elevés pour leur fourrure, les animaux doivent donc bénéficier d'un traitement indulgent.

 

L'indulgence doit aussi être de mise dans les conditions d'abattage qui ont été régulées par l'Union européenne dans le cadre d'une directive de 1993. Cette dernière précise notamment que l'on "doit éviter aux animaux toute excitation, souffrance ou douleur inutiles lors de leur transport, hébergement, immobilisation, étourdissement, abattage ou mise à mort." Si les fédérations nationales de la fourrure - organismes de représentation des éleveurs - ont avilisé et respectent ces textes, le Conseil de l'Europe a toutefois recommandé l'inspection de fermes d'élevage en Allemagne, en Irlande, en Italie et en Espagne dès 1999.

 

A l'échelle mondiale, la production de fourrure - d'élevage ou sauvage - était au cœur des discussions diplomatiques dès 1948. A cette époque, quelque 81 États, 114 agences gouvernementales et 800 ONG se sont rassemblés dans le cadre de l'IUCN, l'Union mondiale pour la nature. Sa mission : "protéger l'intégrité et la diversité de la nature et veiller à la bonne utilisation et répartition des ressources naturelles dans le respect du développement durable" en subventionnant des projets scientifiques et cercles de réflexion. Tout un programme pour une structure devenue, en près de 60 ans, une référence dans le domaine de la sauvegarde de l'environnement.

Fourrure sauvage : des espèces protégées à l'échelle internationale

La fourrure sauvage représente aujourd'hui seulement 15 % de la production mondiale. En la matière, la législation nationale et internationale se concentre sur deux objectifs : l'homogénéisation des normes de piégeages et la protection des espèces en danger. Premier texte de référence : l'accord sur les normes internationales de piégeages sans cruauté (ANIPSC) liant le Canada, l'Union Européenne et la Russie, puis les Etats-Unis. Dès 1997, ce texte s'attache à définir les conditions de piégeages des animaux, gageant les participants à tester la conformité de leurs pièges aux normes ISO, garantes de souffrances minimales des animaux. Dès son entrée en vigueur, l'accord est appliqué aux 19 espèces les plus communément exploitées pour leur fourrure à l'image du coyote, du loup, du lynx, du rat musqué, du raton laveur, etc. En 2004, l'Union Mondiale pour la Nature a profité de son congrès pour appeler l'ensemble de ses membres à respecter l'ANIPSC. La tendance serait donc à la généralisation progressive de pratiques plus respectueuses de la faune. Le temps attestera de son efficacité.

 

La protection des espèces a quant à elle été officialisée par la Convention de Washington, plus connue sous le nom de CITES - Convention sur le commerce internationale de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Adoptée en 1973 par 80 pays, la CITES a vocation à protéger plus de 30 000 espèces menacées - animales ou végétales - en réglementant le commerce international. Elle compte aujourd'hui 169 parties qui se sont engagées à adopter une législation nationale en garantissant le respect. On dénombre, parmi les espèces un temps recherchées pour leur fourrure et désormais protégées, les grands singes et fauves (gorilles, guépards, léopards) mais aussi plusieurs espèces de loutres et d'otaries. A l'heure actuelle, les phoques ne peuvent être intégrés à cette liste au vu de l'abondance de ces animaux et ce malgré une recommandation du gouvernement belge en date de 2004. L'opinion publique restera encore sur sa faim pour encore quelques temps.

Chiens et chats : de nouvelles espèces à préserver ?

Suite aux scandales des fourrures chinoises, la France a interdit l'importation de tous produits de peaux de chiens et de chats par un arrêté du Ministère de l'Agriculture en date du 5 novembre 2003. En novembre dernier, l'Union Européenne a pris le relais de cette mesure en proposant l'interdiction totale du commerce de ces fourrures, sous l'impulsion d'une pétition lancée par la Fondation 30 millions d'amis. Une régulation nécessaire - la Chine reste la première source d'importations de fourrure en France - mais difficile à appliquer efficacement sur l'ensemble du territoire européen. Les institutions préconisent déjà la mise en place de méthodes de détection (tests ADN des fourrures) et la clarification des appellations. Un épisode à suivre...

 

En savoir plus Les sites des fédérations et associations

» Union Mondiale pour la Nature (site Europe) : www.iucn.org

» La CITES : www.cites.org

»  Fédération internationale de la fourrure : www.iftf.com

» Fédération Française de la Fourrure: www.federationnationaledelafourrure.org

» Fondation 30 millions d'amis : www.30millionsdamis.fr

 

Et pour les plus récalcitrantes, les marques sans fourrure : Bershka, C&A, Camaïeu, H&M, Helly Hansen, La Redoute (à partir d'avril 2007), Mango, Massimo Dutti, Pimkie, Polo Ralph Lauren, Promod, Pull & Bear, Stradivarius, Vivienne Westwood, Zara.

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Véronique Deiller, Journal des Femmes

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