Avortement : à quand un accès égal pour toutes, partout ?

A l'occasion de la Journée mondiale du droit à l'avortement, le 28 septembre, le collectif européen "Avortement : les femmes décident" appelle à descendre dans les rues. Le but ? Réaffirmer le droit fondamental à disposer de son corps.

Avortement : à quand un accès égal pour toutes, partout ?
© SEVGI/SIPA

Jeudi 28 septembre, Journée mondiale du droit à l'avortement. Plusieurs manifestations sont organisées dans 25 grandes villes françaises et dans plusieurs pays, afin de lutter en faveur du droit à l'IVG dans tous les états européens. Le collectif "Avortement : les femmes décident", à l'origine de cette mobilisation à grande échelle, a lancé une pétition déjà signée par 19.000 personnes, qui sera déposée au Parlement européen au terme du rassemblement organisé dans la capitale belge.

Un droit fondamental encore nié en Europe

Il convient de rappeler que l'avortement n'est toujours pas acquis dans certaines contrées du Vieux Continent : il est totalement interdit à Malte, quand l'Irlande, Chypre ou la Hongrie ne l'autorisent que sous certaines conditions. La montée du conservatisme et du populisme sur le territoire européen menace tout autant l'accès à l'IVG, comme peut en témoigner la Pologne. Alors que l'avortement y est autorisé, mais limité à trois cas bien précis (si la grossesse résulte d'un viol ou d'inceste, s'il y a un risque pour la mère ou s'il y a une malformation grave du fœtus), son accès s'est vu entravé en 2016 avec un projet de loi liberticide proposé par le comité conservateur "Stop Avortement". Le but ? Punir une femme qui avorte ou un médecin qui pratique l'interruption de grossesse de cinq ans d'emprisonnement. Le projet de loi a heureusement été abandonné, mais les avortements illégaux, réalisés dans des conditions sanitaires déplorables, et/ou à des prix prohibitifs, sont toujours légion. En Pologne, 150.000 IVG seraient pratiquées clandestinement chaque année, contre 2000 de manière légale.

Et en France ?

Si le droit à l'avortement semble acquis dans l'Hexagone, il reste néanmoins du chemin à faire. Rappelons qu'en près de 40 ans, le nombre de maternités a été divisé par trois, notamment les Centres d'Interruption Volontaire de Grossesse (CIVG). Sans oublier ces sites anti-avortement qui continuent leur offensive de désinformation et remettent en cause le droit à l'IVG, les mineures qui ne voient pas toujours leur anonymat garanti et les interruptions de grossesse qui ne sont pas remboursés à 100 % (bien que le tout soit légiféré) ou encore la clause de conscience des médecins, qui leur permet de refuser de pratiquer un acte selon leur bon vouloir. C'est pour toutes ces raisons que le collectif "Avortement : les femmes décident" appelle à manifester. Pour que l'accès à l'IVG soit reconnu au niveau européen de manière égalitaire. Pour connaître les villes participantes et les points de rendez-vous, consultez le site www.avortementeurope.org

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