Comme un poisson dans l'eau avec Alain Bernard

Fraîchement investi du titre d'ambassadeur d'Aqua Sphere, premier fabricant européen d'équipements de natation, Alain Bernard a accepté de jouer les maître nageurs le temps d'une séance de natation. L'occasion était trop belle pour ne pas se jeter à l'eau à ses côtés.

© Aqua Sphere
Alain Bernard, ambassadeur d'Aqua Sphere © Aqua Sphere / Greg Le Coeur

Lorsqu’Aquashere, me propose un cours de natation avec Alain Bernard, je plonge tête baissée. Championne des nageuses... du dimanche (comment ça ce titre n’existe pas ?), je trépigne à l’idée de chausser mes plus belles claquettes et d’enfiler maillot et bonnet. Comme dirait l’autre (en l’occurrence, mon oncle Michou) "ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un champion olympique". A semaine – 1, je multiplie les sessions de natation : j’y vais samedi ET dimanche, MATIN, histoire de ne pas avoir l’air d’une grosse baleine peaufiner mon crawl et travailler ma respiration. Le jour J, les cuisses fuselées et le mollet galbé, je suis fin prête pour le grand plongeon. La rencontre a lieu dans une piscine parisienne du 8e arrondissement. Alain Bernard nous attend, une horde de journalistes et moi (bye bye le cours particulier), en jeans et tee-shirt (donc un poil trop vêtu à mon goût) sous lequel on devine, malgré tout, un corps d’athlète bien entretenu. Accueillant et chaleureux, il s’enquiert de mon niveau. "Insuffisant, j’espère que vous savez faire du bouche-à-bouche" pense-je... "Je me débrouille" réponds-je intimidée par tant de muscles au mètre carré. Avant le grand saut, place à l'échauffement, en vidéos s'il vous plait. En qualité de nouvel ambassadeur d'Aqua Sphere, le nageur nous annonce le lancement de vidéos tutorielles sur la chaîne Youtube de la marque dès le 21 septembre 2015. Destinées au grand public, la série de films d'1 min 30 à 2 min 30 donneront les clés pour "réapprendre à nager intelligemment et avec plaisir, avec ou sans accessoires, en crawl, brasse ou papillon". La théorie présentée, place à la pratique. 3, 2, 1 plongez dans les yeux d'Alain Bernard. 

Le Journal des Femmes : Venez-vous d’une famille sportive ?
Alain Bernard : Mes deux grandes sœurs faisaient de la natation. Mais mes parents m’ont plutôt inscrit à la piscine pour apprendre à nager. J’ai choppé le virus comme on dit. J’y ai rencontré mes meilleurs amis et je ne me suis plus arrêté. J’habitais dans un quartier situé près d’une zone difficile. La piscine était un moyen de voir plus loin que le bout de ma rue. C’était exaltant pour un jeune de mon âge de pouvoir "voyager" dans les villes voisines, puis les départements, puis les régions. Plus je progressais plus ma soif de traverser les frontières grandissait. Cette avidité de voyage a beaucoup motivé ma progression.

Vous nagiez pour vous ou la France ?
Sans paraître égoïste, je le faisais pour moi. Pour voir de quoi j’étais capable, me surprendre, me surpasser. Lorsque j’ai atteint un certain niveau, j’étais évidemment fier de représenter mon pays, d’en porter les couleurs.

Faut-il faire preuve de beaucoup d’abnégation pour devenir champion olympique ?
Etre athlète est à la fois extrêmement grisant et contraignant car il y a des phases de doute interminables. Tu as beau avoir peur de l’échec, il faut garder une motivation permanente. Le jour où ça paie, tu te dis que ça valait le coup d’en baver pour une performance de moins d’une minute. Tu balaies toutes les mauvaises choses qui t’ont freiné.

Que vous a apporté la natation ?
Cela m’a permis de m’affirmer en tant qu’homme. J’étais très mince et très grand, d’un caractère timide et introverti. Le sport m’a permis de m’épanouir physiquement, mentalement et professionnellement. Grâce à la piscine, je me suis senti mieux dans ma peau, mon corps et ma tête. La médiatisation m’a permis de m’ouvrir davantage, m’a appris à sourire et communiquer. La natation me permet de vivre des choses riches aujourd’hui.

Comment entretient-on un corps d’ancien athlète ?
Les premiers mois de ma jeune retraite, je ne voulais pas entendre parler de sport. J’avais tellement tiré sur la machine que je me sentais totalement usé. Au bout de 6 mois je suis monté sur la balance qui affichait + 9 kilos. Je me suis ressaisi. Aujourd’hui, je fais du sport différemment : pour m’entretenir mais aussi pour bien manger et boire car je suis un grand épicurien.

Ce corps, vous l'aimez aujourd'hui ?
Il a été mieux mais je me sens bien dans ma peau. Je n’ai pas complètement perdu ma timidité mais je l’accepte mieux aujourd’hui.

Avez-vous gardé l’esprit de compétition ?
Oui ! Quoi que je fasse je n’aime pas perdre et je ne supporte pas les tricheurs.

Dans une interview, vous avez dit que l’après carrière est difficile à gérer et que sans votre nom, votre CV ne vaut rien. Avez-vous des regrets ?
Je n’ai aucun regret et si c’était à refaire je le retenterais même sans en connaître l’issue. Cette carrière m’a beaucoup appris sur la personne que je suis devenue, mais surtout celle que je suis depuis toujours. 

A l’occasion de l’inauguration de la piscine Camille Muffat à Villeneuve-lez-Avignon, vous avez dit qu’une piscine peut être un outil politique. Qu’entendez-vous par là ?
La piscine permet de rassembler toutes les catégories sociales, des plus jeunes aux plus âgées. Voilà pourquoi une piscine conçue correctement peut être un lieu de vie, d’épanouissement et d’émancipation extraordinaire.

Alain Bernard © Aqua Sphere / Greg Le Coeur

A part l’odeur du chlore, quel parfum aimez-vous sur votre peau ?
En ce moment INVICTUS, qui plaît d'ailleurs beaucoup à  mon entourage.  

Pour une femme, préférez-vous le maillot de bain une pièce, bikini, trikini ou top less ?
Cela dépend de quelle femme on parle... Le bikini est coutume dans la région où j’habite mais le top less fait rêver… Mon coeur balance !

Votre meilleur spot pour un bain de soleil ?
J’ai de plus en plus de mal à m’exposer longtemps au soleil mais lorsque j’en profite, je ne me lasse pas des magnifiques plages de Cannes à St jean Cap Ferrat.

Vous êtes plutôt hammam ou jacuzzi ? 
Jacuzzi, en mode détente… 

A part dans un bassin, où vous sentez-vous comme un poisson dans l’eau ?
Dans les airs ! Je m’y sens presque aussi bien que dans l’eau. J’adore l’aéronautique, le parachutisme et tout ce qui vole.

Qu’est-ce qui vous donne des papillons dans le ventre ?
Les sensations fortes et la vitesse. 

Quelle odeur ne supportez-vous pas au point de vous pincer le nez ?
Houlà ! Les mauvaises odeurs comme tout le monde je pense.

Si vous deviez décerner une palme à une personnalité, à qui l'attribueriez-vous ?
À l’actrice Zoé Saldana, pour pouvoir l’approcher.

Vous êtes très actif dans le domaine de la sensibilisation aux premiers secours. A qui refuseriez-vous de faire un bouche à bouche ?
Lorsqu’on souhaite sauver une vie, à part être un criminel, impossible de refuser de faire du bouche à bouche. De toute façon, le bouche à bouche ne se pratique plus dans les méthodes de secourisme que l’on enseigne aujourd'hui donc je suis tranquille.  

Comment avez-vous géré les moments pendant lesquels vous vous sentiez dans le creux de la vague ?
J’ai toujours gardé des objectifs à long terme mais j’ai surtout eu la chance d’être extrêmement bien entouré notamment de mon entraîneur Denis Auguin qui s’est impliqué plus que quiconque dans mon projet sportif.

Nota Bene : Si mon crawl n'a pas été jugé exceptionnel par Alain Bernard, le charmant nageur l'a qualifié de "pas mal". Dans la bouche d'un champion olympique, on est tous d'accord pour dire que ça équivaut à un compliment, non ?