Virginie Efira: Caprice d'une star

Dans Caprice, une comédie sentimentale pleine de fantaisie et de charme d'Emmanuel Mouret, elle est la sublime et adulée Alicia, une actrice célèbre dont un instituteur timide et empoté tombe fou amoureux. A la ville, Virginie Efira est aussi belle, accessible, vive et délurée, mais de son propre aveu "terriblement maladroite". Rencontre avec une anti-diva, une fille superbe au naturel stupéfiant qui nous séduit, dans la joie.

© Pyramide Distribution
Virginie Efira dans Caprice © Pyramide Distribution

Belge, blonde… et star. Visage craquant, joues roses et blond poupon, Virginie Efira, fille d'un médecin du sport et d'une restauratrice, voit le jour à Bruxelles, le 5 mai 1977. Ses robes virevoltent et la gamine imite Sylvie Vartan. Ado, elle se voit Mari­lyn Monroe. Elève du Conser­va­toire d’Art Drama­tique, elle n’a d’yeux… que pour les héroïnes de Dallas! Avec sa dégaine plus reine du Texas que Grace Kelly, elle perce en Belgique en présen­tant la version flamande de la Star Academy. La ving­taine arro­gante, notre Barbie adopte le lycra rose et les plates-formes shoes à la Loana. En 2003, elle postule au titre de Miss Météo sur M6… Un échec que cette bimbo sexy tourne en dérision. Irré­vé­ren­cieuse, sensuelle, libé­rée, un brin provoc’, elle se défi­nit comme un mélange de "Spice Girl et de Simone Veil". Chez Virgi­nie, l’humour est une forme de protec­tion. Elle se moque d’elle… de peur que les autres ne le fassent. Devenue présen­ta­trice vedette et maintenant une artiste de référence dans le monde du cinéma, Virgi­nie Efira impose son style et son talent.

Virginie, pourquoi vous dans Caprice ?
Parce que Emmanuel Mouret me l’a demandé. On s'était rencontrés, j’aimais ses films, sa discussion… Avant même de lire le scénario, c’était lui, alors  j’ai dit oui.

Qui est cette Alicia que vous incarnez ?
Une actrice très classe, élégante douce, avec une certaine autorité, une place dans la société. Elle est respectée, mais elle a aussi une mélancolie propre à son âge, une certaine fragilité qu’on peine à imaginer chez une femme qui a autant d’assurance dans son travail. Sa notoriété, le statut de "star" que les gens lui attribuent accentuent sa solitude… Elle a une haute idée de l’amour, comme une sorte de pacte qui ferait que l'on se rassure l'un l'autre.

Vous nous parlez un peu de vous, là ?
Disons qu'Alicia est quelqu'un de bien, mais je ne partage malheureusement avec elle que certains aspects…

Quelle est votre plus grande désillusion ?
J’ai vraiment abordé la vie comme si je n’allais jamais mourir, avec un sentiment d’invincibilité. Quand j'ai réalisé qu'on allait tous crever, je me suis mise à tout regretter, chaque expérience passée. Il me faut accepter que les choses ont une fin.

Avez-vous un caprice de diva ?
Je n’ai pas bon caractère, mais je ne suis pas capricieuse.

Même pas une petite manie, une idée fixe, des desiderata ?
J’ai très peu de principes, c'est l’une de mes rares qualités. Aucune obsession d’hygiène, je ne me lave qu'une fois par mois…(elle rit), mais il y a des choses qui peuvent m’irriter profondément comme le manque de bonne volonté. Ah si : je ne suis pas du tout régressive, je déteste les adultes qui mangent des coquillettes !

Qu'est-ce qui vous agace chez un homme ?
En général, ce que je reproche à l'autre, ce sont des défauts que je combats très fort. J’aime la paresse, mais pas la fainéantise, le laisser-aller, cette idée de céder à la facilité que je refoule, il m'est insupportable de la voir chez celui que j'aime. 

Quel est votre péché mignon ?
J’ai lu une interview de Kad Merad qui répondait "le crack". C'était tellement drôle… Je ne vous ferai pas hurler de rire, moi c'est la nourriture, tous les aliments. Je suis gourmande. J'ai un appétit gargantuesque.

Le gros mot que vous pouvez lâcher à tout moment ?
"Putain". Il faut s’interroger là-dessus. C’est celui qui revient prioritairement…

Quel film aimeriez-vous faire découvrir ?
All that Jazz de Bob Fosse et Mauvais Sang de Leos Carax.

À quelles questions n’aimez-vous pas répondre ?
Celles qui touchent au privé, à l'intime  de façon concrète, comme: "Est-ce que vous êtes séparés ?". Les questions sur la maternité peuvent m'insupporter car c'est toujours réducteur d'en parler. Non, tout n'est pas beau et rose dans la vie d'une maman. La grossesse, l'accouchement, l'éducation, c'est compliqué.

A quel objet êtes-vous attachée ?
Je suis très peu matérialiste, mais il y a un truc un peu couillon que j’ai gardé : un doudou. S’il y avait le feu, après ma fille évidemment, je pense que je sauverais cette chose immonde : un affreux chien avec un œil et une seule oreille. C’est vraiment ridicule, j’ai honte de ce truc…

Qu’est-ce que je peux vous offrir pour vous faire plaisir ?
Deux heures de sieste.

Vous êtes une dormeuse ?
Je dors peu, 5-6 heures par nuit. Le rythme sur un tournage est éprouvant, la promo aussi. Impossible de faire la grasse matinée avec les enfants. Donc un moment de sommeil en journée, ce serait génial.

Sans quoi ne pourriez-vous pas vivre ?
Il y a une chanson de Bourvil que je chante à ma petite Ali : "On peut vivre sans richesse. Presque sans le sou. Des seigneurs et des princesses. Y'en a plus beaucoup. Mais vivre sans tendresse. On ne le pourrait pas". C'est joli et c'est vrai.

Quelle qualité aimeriez-vous avoir ?
Celle de mon frère de s'épanouir n’importe où sur terre. En ce moment il me raconte qu’il s’occupe de bétail, des taureaux. Il a une telle sagesse qu'il n’a pas besoin de grand-chose. J’espère avoir de la curiosité, des facultés d’adaptation, mais lui ne s’ennuiera jamais, nulle part.  

CAPRICE avec Emmanuel Mouret, Anaïs Demoustier et Laurent Stocker, à découvrir en salles dès le 22 avril.

Virginie Efira dans Caprice © Pyramide Distribution
Affiche du film Caprice en salles le 22 Avril© Pyramide Distribution