François Fillon de fil en aiguille, le dress code présidentiel

De la pointe de la cravate au bout du mocassin, le look François Fillon est un parfait exemple de classicisme vestimentaire. Une rigueur perturbée par ses goûts de luxe, des fantaisies prises sous le feu des projecteurs de l'élection présidentielle.

François Fillon de fil en aiguille, le dress code présidentiel
© Blondet Eliot/ABACA

Candidat Les Républicains à l'élection présidentielle, catholique assumé, mais aussi gentleman à la mise classique , François Fillon incarne une version française du thatchérisme, entre  libéralisme économique et conservatisme social. En témoigne sa garde-robe ancrée dans la tradition du vestiaire politique, à peu de choses près. Programme du défilé. Si le dressing de l'ancien député de la Sarthe pouvait autrefois s'éclairer d'un chino, beige le plus souvent, ou d'une veste forestière, depuis le début de la campagne, aucune fantaisie ne vient entraver l'austérité de sa ligne de conduite. Collection de pièces ultra-classiques, le vestiaire de François Fillon fait écho à ses valeurs. "Au début de sa carrière, il cultivait un style de jeune bourgeois de province, on peut dire qu'il est resté dans cette lignée" , décrypte Frédéric Monneyron sociologue de la mode et co-auteur de L'imaginaire du Luxe. Veste d'équitation matelassée, gabardine imperméable, mocassins à languette... la panoplie BCBG est complète. Le tout dans une palettes de nuances fades. Du bleu, du gris pour les costumes, du noir pour les grands soirs et du blanc pour ses chemises. Sa cravate est le témoin de cette absence de recherche "mode" : ni fine comme la tendance l'exige ni longue et large selon la norme old school, elle est l'accessoire... du neutre. Stable, sans surprise, François Fillon (et ses sourcils broussailleux) incarne une Droite inflexible... jusqu'aux courants du style.

Le détail qui tue

La notion d'élégance est chère à François Fillon, qui compte parmi ses secrets un titre de "Politique le plus stylé" décerné par GQ en 2010. Par ailleurs, celui qui désire rétablir l'uniforme à l'école, se fait le porte-étendard de la discrétion vestimentaire... à un détail près : l'encoche de ses costumes. Signe distinctif de la haute bourgeoisie, le "cran parisien" typique des façonniers et du prêt-à-porter Arnys est une coquetterie qui aurait pu rester discrète si elle ne se chiffrait pas à 12 000 euros (montant des deux costumes "offerts" à l'ex-Premier-ministre selon le JDD) puis 35 500 euros (pour une série d'autres commandes, payées en liquide). 

La passion au poignet

Zenith El Primero Stratos Flyback, Rebellion Predator, Scuderia Ventidue I&MT... : ce ne sont pas les plans d'actions, mais les noms des montres de la collection de François Fillon. Les deux dernières notamment, offertes respectivement par la maison Rebellion (propriétaire d'une écurie de course auto) et l'homme d'affaire Pablo Dana témoignent de la passion de l'homme politique pour les sports automobiles. Cadran imposant, chronographe, allure technique, ces pièces d’horlogerie haut de gamme contrastent avec l'allure sévère du candidat. Une coquetterie qui lui permet déjà d'entendre le tic-tac du verdict des urnes... Malheureusement, l'aiguille du compte-à-rebours ne semble pas faire pencher l'opinion vers François Fillon !

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