Pascale Arbillot : "Ma vraie expérience de science-fiction a été l'accouchement de mon fils"

Anti-diva aussi accessible que talentueuse, Pascale Arbillot brille au Théâtre, au Cinéma et à la Télévision. La rencontrer au coin du feu du Grand Hôtel de Gérardmer où elle est jurée du 25e Festival du Film Fantastique donne une dimension "merveilleuse" à l'échange. Interview avec une surdouée de la comédie, drôle, spontanée, inattendue, chaleureuse et infiniment bienveillante.

Pascale Arbillot : "Ma vraie expérience de science-fiction a été l'accouchement de mon fils"
©  Marechal Aurore/ABACA

Racontez-nous votre première émotion sur grand écran ?
Pascale Arbillot : Don Giovanni de Joseph Losey, j'ai été émerveillée par cette adaptation de l'opéra de Mozart, par les décors, les costumes, la violence de cette histoire d'amour.

Quel était votre fantasme d'adolescente ?
La Parisienne que j'étais rêvait de Rahan et de partir explorer le monde à cheval.

Qu'avez-vous de fantastique ?
C'est aux autres de le dire. J'adorerais avoir un don, mais je suis trop rationnelle... Ma grand-mère était voyante, elle lisait les lignes de la main.

Qui serait votre partenaire idéal pour un baiser de cinéma ?
Avant je vous aurais dit Kevin Spacey, mais les scandales sexuels auxquels il est associé m'ont refroidie. Je roulerais bien une pelle à Benoît Poelvoorde. Il n'est pas sexy, ce n'est pas Louis Garrel, mais je le trouve irrésistible, tendre, drôle.

De quoi avez-vous peur ?
Je n'ai pas de phobie, plutôt de l'anxiété, des petites angoisses. Au cinéma, c'est l'incarnation du Mal qui me terrorise, découvrir que le diable existe et peut prendre forme me fait frissonner.

Quand vous êtes-vous dit "c'est surnaturel" ?
Quand je tombe amoureuse, à chaque fois que je rencontre par hasard des gens que je connais ou que je me rends compte de coïncidences. Ma vraie expérience de science-fiction a été l'accouchement de mon fils Léonard. Donner la vie, mettre au monde, c'est fou, non ?

Quel est le moteur de votre carrière ?
Je n'ai pas d'ambition particulière, mais la liberté est un enjeu fondamental. Ce métier est un luxe... qui nécessite des sacrifices. Vivre dans le désir de l'autre vous infantilise et vous maintient dans une insécurité, une instabilité de l'emploi qui est source d'inquiétude.

Qu'est-ce qui vous anime devant une caméra ?
La sensation de savoir où et comment concentrer mon énergie alors que je ne sais jamais où me mettre dans la vie.

Qu'est-ce que vous n'avez pas encore "réalisé"?
Tellement de choses : des voyages, passer derrière la caméra, mettre en scène au théâtre...

Qui est votre modèle dans le métier ?
Plusieurs figures de femmes m'ont inspirée, particulièrement Vanessa Redgrave.

Quels films souhaiteriez-vous me conseiller ?
Une Vie Violente de Thierry de Peretti, incroyablement maîtrisé. J'ai adoré Grave de Julie Ducournau qui m'a scotchée par esthétisme.

Quel prix pourrait-on vous décerner ?
Celui de l'étourderie

Pour juger d'une oeuvre du 7e Art, vous faites confiance à... ?
Mon instinct et ma bienveillance. C'est compliqué de jouer l'inspecteur des travaux finis. Critiquer nécessite une exigence vis à vis de soi et des autres.

Quel moment de votre vie aimeriez-vous re-mettre en scène ?
Je ne souhaite ni  revenir en arrière ni être immortelle, mais je voudrais vivre 200 ans pour avoir un peu de temps.

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