La Taularde, Free State of Jones, Toril... les sorties ciné du mercredi 14 septembre

CINEMA - Un nouveau mercredi, synonyme de nouvelles sorties ciné. Parmi elles, Le Journal des Femmes vous conseille "La Taularde", "Toril" et "Where To Invade Next".

© Rezo Films

Qui dit mercredi, dit "sorties ciné". Chaque semaine, Le Journal des Femmes  vous donne son avis sur les films à l'affiche. Parmi les sorties du mercredi 14 septembre, la rédaction s'est penchée sur le combat de Matthew McConaughey pendant la Guerre de Sécession, le sacrifice de Sophie Marceau pour sauver l'homme qu'elle aime, le nouveau brûlot de Michael Moore et un grand film noir et bestial. On se fait une Toile ?

© Metropolitan FilmExport

Sur le papier, Free State of Jones avait tout pour plaire : Matthew McConaughey, un sujet fort - l'esclavage pendant la Guerre de Sécession - et la promesse d'une grande fresque historique. A l'écran, le résultat déçoit. Certes, le comédien livre une nouvelle fois une prestation époustouflante. Certes, la reconstitution est immersive, mais le film de Gary Ross (réalisateur du premier Hunger Games et de La Légende de Seabiscuit) manque cruellement de souffle et d'émotions et est plombé par d'inutiles longueurs. Pour les fans de Matthew.

Free State of Jones, réalisé par Gary Ross, avec Matthew McConaughey, Keri Russell, Gugu Mbatha-Raw... 2h19.

 

 

 

© Rezo Films

Audrey Estrougo qui revendique "une démarche assez similaire à Ken Loach, dont le cinéma détruit les schémas, pointe du doigt les systèmes", livre avec La Taularde un film complexe, dense et épuré, proche de la réalité de nos centres pénitentiaires, ceux-là mêmes où les prison­niers se donnent la mort, au rythme d'un suicide tous les trois jours. Sans complaisance dans la noirceur, en se penchant sur les "taulardes" comme sur les surveillantes, elle filme avec maestria la dureté de la détention. Elle offre au spec­ta­teur une claque tout en grâce à coups de plans fixes et serrés, de lumières crues et glauques, de sons stridents et grinçants.
Son héroïne, gueule d'ange dans l'enfer des geôles, évolue parmi les bandes de filles, entre violence, trahisons et problèmes identitaires. L'histoire de Mathilde, sublime Sophie Marceau, c'est celle d'une femme, qui, par amour, s'adapte avec psychologie et émotion à l'enfermement de la cellule et navigue entre jeux d'influence et conflits commu­nau­taires, trafics de racailles et magouilles de matonnes. Mathilde s'est sacrifiée pour permettre à l'homme de sa vie de s'évader. C'est ce mouve­ment vers l'affran­chis­se­ment que sublime la cinéaste.
Drame carcéral qui oscille entre réalité et fiction, La Taularde n'a pas de vérité à décré­ter, pas de morale poli­tique à propo­ser, mais elle pose un regard acéré sur l'huma­nité. L'opus confirme la malice d'une réalisatrice qui, loin de céder à la tenta­tion des séries "à l'améri­caine", étaye une œuvre noire, sociale et esthé­tique. Cet itiné­raire d'une Taularde, est digne d'Un Prophète d'Audiard.

La Taularde, réalisé par Audrey Estrougo, avec Sophie Marceau, Suzanne Clément, Anne Le Ny... 1h40. 

© Chrysalis Films

Michael Moore signe un nouveau documentaire du tonnerre avec What To Invade Next. Toujours armé de son incontournable autodérision, le réalisateur écorche le rêve américain à sa façon : muni du drapeau Stars and Stripes, il sillonne les pays européens à la recherche de bonnes idées à piquer pour les ramener sur le territoire américain. Une leçon, non sans humour, comme seul Michael Moore sait les donner.

What To Invade Next, réalisé par Michael Moore. 2h00.

 

 

 

 

 

 

© La Belle Company

Toril retrace le combat de Philippe, déterminé à aider son père, agriculteur étranglé par les dettes. Pour sauver l'exploitation familiale, il s'associe à un trafiquant et se retrouve au coeur du plus gros réseau de stupéfiants de la région. Laurent Teyssier signe un premier long-métrage coup de poing, un grand film noir où la bestialité des hommes répond à la violence des taureaux, dont les silhouettes massives, majestueuses et musculeuses, sont filmées au plus près. Cette manière de montrer les corps, ce rapport à la terre évoquent une lointaine filiation avec Bullhead, de Michael R. Roskam, sorti en 2012. Matthias Schoenaerts y crevait l'écran. Dans Toril, c'est Vincent Rottiers qui réussit cet exploit. L'acteur livre une superbe prestation, émouvante et intense, animale et profondément humaine. On lui met un grand bovin sur 20 !

Toril, réalisé par Laurent Teyssier, avec Vincent Rottiers, Bernard Blancan, Karim Leklou... 1h23.

 

Bonne semaine ciné !