Egalité femmes-hommes : Edouard Philippe annonce 50 mesures

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé 50 mesures concrètes destinées à améliorer la condition des femmes en France. Des actions coûteuses et donc pas prioritaires, mais qui confirment l'engagement du gouvernement contre les violences sexistes.

Egalité femmes-hommes : Edouard Philippe annonce 50 mesures
© Francois Mori/AP/SIPA

"Le féminisme, ce n'est pas seulement un humanisme, c'est un impératif politique, au sens le plus noble du terme, pour décupler la puissance de la France." Dans son discours pour la Journée internationale des droits des femmes, Edouard Philippe a réitéré l'engagement du gouvernement en faveur de l'égalité femmes-hommes. Si Emmanuel Macron en a fait la "grande cause" de son quinquennat, le sujet reste épineux pour les politiques, sommés de s'y frotter. C'est à l'emblématique institut Curie – hommage à une grande dame – que le Premier ministre a donné rendez-vous à la presse pour dérouler une liste de 50 mesures censées endiguer le fléau des violences sexistes et autres injustices qui continuent d’entacher la vie des Françaises. Leur coût ? 420 millions d'euros. De l'argent que le gouvernement n'entend pas sortir "de son chapeau dès à présent". Ce plan d'attaque s'articulerait autour de trois grands axes : l'éducation des plus jeunes, l'atteinte de l'égalité salariale et le combat contre les violences sexuelles.

Le gouvernement compte, entre autres, nommer un "référent égalité chargé d'identifier et de faire remonter les problèmes" dans chaque établissement scolaire dès 2019. Une initiative qui s’inscrit dans le Tour de France de l'Egalité lancé en octobre par la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa. Concernant l'orientation des élèves, le Premier ministre a indiqué vouloir augmenter la part de filles dans les filières scientifiques, sans préciser comment y parvenir.

Un logiciel contre les écarts de salaires injustifiés

"A travail égal, tout salaire égal", un principe si simple pourtant si peu respecté... Pour y remédier, l'exécutif prévoit de sanctionner à partir de 2022 les entreprises de plus de 50 salariés où les écarts de salaires sont "injustifiés". Ces écarts seront perceptibles grâce à un logiciel libre de droit déployé dans les entreprises de plus de 250 employés à partir de 2019. Pour faciliter l'entrepreneuriat, Edouard Philippe a annoncé la création d'un "réseau national de mentorat qui doit permettre aux femmes de franchir les obstacles parfois psychologiques, parfois matériels, qui leur interdisent le choix de la création d'entreprise". Le gouvernement entend également "féminiser" un secteur en pleine croissance : le numérique. 

Concernant les violences faites aux femmes – conjugales et sexuelles – le Premier ministre a assuré la création de 5000 places d'hébergement d'urgence pour cette année. Une mesure qui s'applique aussi pour les demandeuses d'asile. Pour trouver refuge, les femmes auront accès, via des associations, à une plateforme de géolocalisation.
Pour espérer en finir avec le harcèlement de rue, le gouvernement compte punir les "prédateurs" d'une amende allant de 90 à 750 euros. Une mesure qui ne s'appliquera qu'en cas de flagrant délit. Reste à savoir si les forces de l'ordre tiendront compte des propos, sifflements et remarques obscènes... qui sont les principaux types de harcèlement endurés par les femmes.
Dans la lignée des mesures annoncées ce 8 mars, Marlène Schiappa présentera son projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles à la fin du mois.

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