Boko Haram : libération d'une centaine d'écolières

En février, 111 filles avaient été portées disparues dans le Nord-Est du Nigéria après l'attaque de leur école par le groupe terroriste Boko Haram. Après des semaines sans nouvelles, 104 écolières ont été reconduites dans leur village par les ravisseurs.

Boko Haram : libération d'une centaine d'écolières
© AP/SIPA

[Mise à jour du 22/02 à 11h35] : "Les filles ont été ramenées dans neuf véhicules et déposées devant l'école vers 8 heures", a déclaré Bashir Manzo, qui dirige une association d'aide aux parents d'élèves. "Leurs ravisseurs les ont juste déposées et sont partis, sans parler à personne", a-t-il continué. Mercredi 21 mars, 104 des 111 fillettes enlevées mi-février sont revenues auprès de leur famille. Si certaines d'entre elles ont témoigné qu'elles n'avaient jamais été maltraitées, d'autres sont toujours détenues par le groupe armé Boko Haram et cinq sont mortes le jour de l'enlèvement, le 19 février. Cette libération en demi-teinte a été rendue possible grâce aux négociations du gouvernement avec les terroristes, sans qu'aucune rançon ne leur soit pour autant versée, d'après les dires du Ministre de l'information. 

Les insurgés du groupe djihadiste Boko Haram ont lancé l'assaut sur le village de Dapchi, dans l'Etat de Yobe, lundi 19 février. Une de leurs cibles principales : le lycée pour filles de la ville. A l'arrivée des assaillants, élèves et professeurs se sont enfuis par crainte d'être enlevés. Sur les 926 étudiantes que comptait l'établissement, seules 815 sont rentrées après l'attaque. Certains témoins affirment que des filles auraient été enlevées dans des camions par les hommes armés. 2 jours plus tard, les autorités ont annoncé avoir retrouvé plusieurs des élèves manquantes, sans donner de chiffre précis. Selon une source militaire, les jeunes filles auraient été retrouvées  à la frontière entre les Etats de Yobe et Borno après avoir été abandonnées dans un véhicule en panne. Le porte-parole du gouverneur de l'Etat de Yobe, qui a proclamé la nouvelle, n'a pourtant pas mentionné les circonstances de cette libération. Une annonce en demi-teinte qui a finalement été démentie jeudi 23 février par ces mêmes autorités. Le gouverneur a expliqué aux parents des élèves disparues que les filles n'avaient finalement pas été " sauvées " par l'armée. Il s'est voulue rassurant en déclarant : " Personne n'a vu ces filles être emmenées dans des véhicules, il est possible que certaines d'entre elles aient croisé des motocyclistes en fuyant et qu'ils les aient emmenées quelque part "

Impression de déjà-vu

Ce rapt de jeunes filles n'est évidemment pas s'en rappeler l'épisode de Chibok. Deux cent soixante-seize lycéennes avaient été enlevées par le groupe Boko Haram en avril 2014. L'événement avait entraîné une vague de réactions à l'international, avec la mise en place du hashtag #BringBackOurGirls. En mai 2017, 82 d'entre elles avaient été libérées suite aux négociations passées avec le gouvernement. Un scénario qui semble se répéter aujourd'hui. Après les discours contradictoires des autorités, des heurts ont éclaté à Dapchi entre les forces de l'ordre et les habitants. Plusieurs véhicules de police ont été caillassés et des barricades ont été dressées.   

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