Capri-Sun, Oasis… À quelle fréquence proposer des sodas aux enfants ?

Oasis, Capri-Sun, Volvic Juicy, Fruit Shoot de Teisseire… Élaborées à base de jus de fruits, ces boissons, dont le marketing cible particulièrement les enfants, sont en réalité très sucrées. Quelles sont les conséquences sur la santé des enfants ? À quelle fréquence leur en donner ? Réponses.

Capri-Sun, Oasis… À quelle fréquence proposer des sodas aux enfants ?
© Tatyana Tomsickova - 123RF

Si les enfants raffolent de Capri-Sun, c'est probablement grâce à son bon goût sucré, mais également grâce à son packaging attrayant et ses publicités idéalement pensées pour les jeunes. En effet, les personnages des dessins-animés Rio ou encore Spirou figurent sur les emballages et dans les spots publicitaires, notamment diffusés le matin ou l'après-midi, entre les différents programmes jeunesse. Ces boissons sont même devenues le sésame de plusieurs rappeurs qui en vantent les mérites dans leurs clips. Problème : cette petite gourde qui renferme une boisson élaborée à partir de jus de fruits et d'eau minérale, est en réalité très riche en sucre et "représente plus de 20 % des apports journaliers recommandés pour un adulte", déplore Foodwatch, une association de défense des consommateurs. En effet, avec 19 g de sucre par portion, soit plus de 3 morceaux de sucre, Capri-Sun est ainsi plus sucré que le Fanta Orange et pratiquement aussi sucré que le Coca-Cola. Par ailleurs, "la faible quantité de jus de fruits (12%) n'apporte que peu de vitamines naturelles", précise l'association. Afin de ne plus "influencer les préférences alimentaires et les demandes d'achat des enfants", le Bureau européen des Associations de Consommateurs (BEUC) avait, en juillet 2017, officiellement demandé aux fabricants de produits "peu équilibrés" (à savoir trop gras, trop salés ou trop sucrés) utilisant les mascottes préférées des enfants, de ne plus faire apparaître de personnages animés dans leurs publicités et sur leurs packaging. En parallèle, Foodwatch lance une pétition, demandant l'arrêt du matraquage marketing ciblant les enfants. Malgré les 48 000 signatures récoltées, les États membres de l'Union européenne n'ont visiblement pas tenu compte de ces recommandations. Ces produits "de mauvaise qualité nutritionnelle" aux packagings et aux publicités ludiques et enfantins se trouvent toujours dans les rayons des supermarchés.

Sodas : pourquoi faut-il s'en méfier ?

"Les sucres et particulièrement les boissons sucrées contribuent à un excès d'apport énergétique" rappelle l'Anses dans un rapport de décembre 2016. Les sodas aux fruits de type Oasis, Orangina, Fanta ou Capri-Sun sont en effet très sucrés et "augmentent les risques de surpoids, d'obésité, de maladies cardio-vasculaires et de diabète", d'après l'Organisation mondiale de la Santé. Mais pas que : les sucres et les acides contenus dans ces boissons détériorent l'émail des dents et favorisent les caries. Les boissons sucrées contiennent également des acides phosphoriques qui peuvent fragiliser les os (décalcification, porosité ou perte osseuse) et augmentent les risques d'ostéoporose. Attention également au benzoate de sodium, un conservateur ajouté dans certains sodas, qui peut provoquer, consommé à fortes doses, des réactions allergiques comme l'urticaire, l'asthme, ou l'eczéma. Enfin, "le sucre appelle le sucre" : plusieurs études, dont celle menée par le CNRS de Bordeaux en 2007, ont démontré que le sucre a un pouvoir addictif et agit comme une drogue. En effet, le goût sucré stimule les "centres de récompense", des capteurs situés sur le bout de la langue, et active le circuit cérébral qui va alors sécréter de la sérotonine et de la dopamine, les "hormones du bonheur". Et lorsqu'un plaisir est provoqué par ces hormones, le cerveau en redemande immédiatement.

A quelle fréquence proposer des sodas aux enfants ?

"La consommation de boissons sucrées (de type soda ou jus de fruits) doit être inférieure à un verre par jour", conseille l'Anses. Alors, quelles boissons donner aux enfants ?

  • Préférez toujours les jus de fruits portant la dénomination "pur jus" ou les fruits pressés (à condition de les boire rapidement afin de garder tous leurs nutriments) plutôt que les boissons aromatisées aux fruits, les sodas ou les nectars de fruits "qui apportent souvent beaucoup de sucre et peu de fibres", indique un dépliant de Santé Publique France. Au goûter, on peut également proposer un verre de lait à son enfant, bon de par sa teneur élevée en calcium et ses nombreux nutriments. 
  • Les sodas ne doivent pas pour autant être diabolisés, mais leur consommation doit rester exceptionnelle (un repas de famille, un anniversaire, une sortie…) : les boissons sucrées et gazeuses renforcent la sensation de satiété et sont très caloriques.
  • A noter que la consommation de boissons light doit elle-aussi rester occasionnelle. Même si elles sont moins sucrées, elles trompent le cerveau et le poussent à avoir encore davantage envie de sucre. Des chercheurs de l'Inserm ont même suggéré que les sodas light, donc sucrés artificiellement avec des édulcorants, seraient associés à une augmentation du risque de diabète de type 2.
  • A table et tout au long de la journée, c'est eau à volonté !
  • Pour donner un peu de goût à l'eau, on peut faire de temps en temps infuser quelques fruits (fraises, citron, orange...) ou des feuilles de menthe dans de l'eau.

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