10 clés pour mieux communiquer avec son ado

Comment réagir lorsque son enfant s'enferme dans sa chambre et que le ton monte ? Matthieu Melchiori, auteur de "Parents, ados, on se détend !", nous livre ses conseils pour désamorcer les situations les plus conflictuelles.

10 clés pour mieux communiquer avec son ado
© Tetiana Turovska-123rf

Lors du passage à l'adolescence, les enfants sont confrontés à de nombreux changements. Ils s'affirment, se construisent, testent les limites, et sont en quête de découvertes. De leur côté, les parents, prenant alors conscience que leur "bébé" devient adulte, ils posent un regard différent sur lui. Aussi, cette période de transition peut parfois être vécue difficilement. Les jeunes ont tendance à provoquer, à se rebeller, à s'enfermer dans leur chambre en claquant les portes, tandis que les parents cherchent à asseoir leur autorité pour se faire respecter, mais chacun se sent finalement démuni. Pour faciliter la communication et mieux comprendre son ado, Matthieu Melchiori, conseiller éducatif et auteur du livre "Parents, ados, on se détend !" aux éditions Flammarion, nous livre ses conseils.

Parents, ados, on se détend ! © Editions Flammarion

Préserver des espaces d'échanges

En situation de conflit, certains parents, se sentant désarmés, ont tendance à éviter de discuter et à fuir le problème. Ne pas réagir immédiatement peut être effectivement une bonne solution : cela laisse le temps de respirer, de réfléchir et d'empirer la situation. "Mais il est primordial de revenir, un peu plus tard, sur ce qui s'est produit. Il y aura alors de fortes chances pour le contexte soit un peu plus favorable et que chacun puisse s'entendre, conseille Matthieu Melchiori. Communiquer, c'est parler, mais c'est aussi s'entendre", rappelle-t-il. 

La cohérence parentale

"Les parents ne doivent parler que d'une voix. Ne laissez pas votre adolescent imaginer que l'un des parents dit vrai et que l'autre dit faux, car cela crée de l'insécurité. En cas de désaccords, il est essentiel que les échanges entre parents se fassent en dehors de la présence de l'enfant", précise Matthieu Melchiori dans son livre.

Le "non", non négociable

S'il y a des phases de négociations qui permettent d'apprendre à s'écouter, échanger pour prendre ensemble des décisions, il faut néanmoins tenir lorsque cela est nécessaire, notamment lorsque la situation semble représenter un danger pour l'enfant. "C'est accepter d'avoir un échange un peu plus dur avec son enfant, sans aucune étape de négociation possible". Dans ce cas, le parent peut dire à son ado, "C'est non, et quand bien même tu me donnerais des arguments, je peux t'expliquer pourquoi je dis non. En revanche, je ne reviendrai pas sur cette décision." 

Encourager son enfant

Alors que vos relations sont conflictuelles, il arrive qu'il ou elle vous surprenne : il/elle vous propose spontanément son aide à la maison ? Il/elle fait preuve de maturité ? Si votre ado fait des efforts, il ne faut pas hésiter à lui témoigner que vous avez apprécié sa démarche. Le fait de faire un pas en avant doit être souligné et félicité. "Le changement est parfois long, il faut prendre le temps de considérer les situations et accepter que les journées ne fassent que 24 heures", ajoute le spécialiste. En outre, si les parents oublient de complimenter leur ado, ce dernier aura l'impression de toujours mal faire à leurs yeux, puisqu'ils pointent du doigt ce qui ne va pas.

Le considérer comme un individu

"Les ados sont avant tout des individus, à la fois singuliers et emplis de ressources. Il peuvent avoir des attitudes dérangeantes, mais lorsqu'on les aborde en tant qu'individu, la plupart du temps, cela fonctionne".

Communiquer, au quotidien 

Il est essentiel de continuer à entretenir un lien avec son enfant, même si celui-ci ne semble pas ouvert à la discussion. Tout en respectant son intimité, toquez à sa porte pour lui souhaiter une bonne nuit. S'il rentre de l'école le nez sur son téléphone portable, plutôt que de lui faire remarquer qu'il vous semble "encore énervé", demandez-lui comment s'est passée sa journée... "On donne des petites phrases, qui disent "je sais que tu es là, je suis content que tu sois rentré, et si tu as besoin, je suis disponible", conseille l'auteur de l'ouvrage. Par ailleurs, "rien ne sert de prêter à son ado des émotions qui ne sont pas forcément celles qu'ils ressentent ou celles sur lesquelles il ne parvient pas lui-même à mettre de mots. De plus, à cet âge, il est souvent à fleur de peau, et l'on ne sait pas vraiment ce qu'il traverse", ajoute-t-il. 

Cannabis, cigarettes, mauvaises fréquentations... Comment gérer ? 

Tout d'abord, il ne faut pas remettre la faute sur les copains. L'enfant fait lui-même le choix d'une expérimentation, et cela peut s'arrêter là. "Il est bien évidemment hors de question de tolérer ce type de consommation, mais ce n'est pas parce que vous avez décidé de le décréter que cela va résoudre le problème", précise Matthieu Melchiori. Ce qui est également important, "c'est d'ouvrir notre domicile aux autres camarades de sa classe, afin d'avoir une connaissance des relations que le jeune peut avoir. Et s'intéresser aux copains, demander de leurs nouvelles de temps en temps. Cela favorisera le repérage de manière bienveillante, en évitant l'interrogatoire. Et pourquoi pas entrer en relation avec les parents, en proposant de les accompagner lors d'une sortie. Ainsi, plutôt que juger et contrôler, il s'agit d'une manière de s'intéresser à ses fréquentations", explique-t-il.

Ce qu'il faut faire ou éviter :

- Ne pas enfermer l'enfant dans une représentation négative en lui donnant l'impression de l'accuser. L'enfant va évidemment avoir besoin de se défendre. Il faut aller comprendre ce qu'il se joue derrière ses actions.

- Eviter les hurlements et tous ces très grands gestes qui donnent une démesure aux échanges, et qui bien souvent, risquent de transformer la situation en conflit.

- Inutile de vouloir tout régler en même temps. Mieux vaut prioriser ce qu'il faut reprendre avec son ado. 

Lire aussi