9 jeunes sur 10 manquent de sommeil et ils s'en plaignent !

20% des 15-24 ans dormiraient seulement 5 heures par nuit ! C'est le constat dressé par l'Institut national du sommeil et de la vigilance à l'occasion de la Journée du Sommeil. Mais quelles sont les conséquences sur les plans émotionnel et psychique ?

9 jeunes sur 10 manquent de sommeil et ils s'en plaignent !
© Antonio Guillem - 123RF

Combien d'heures dorment nos ados ? Que font-ils avant de s'endormir ? La surconsommation des écrans altère-t-elle leur sommeil ? Comment gèrent-ils leur rythme de vie ? Ces nombreuses questions ont été soulevées dans l'enquête "Quel sommeil pour les jeunes ? (15 - 24 ans)" réalisée par l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la MGEN. Pour y répondre, le rythme, les horaires de sommeil et le comportement de 1014 jeunes âgés de 15 à 24 ans ont été étudiés à la loupe. Résultats : 88 % d'entre eux estiment manquer de sommeil, aussi bien pendant la semaine que durant le week-end. Alors, le temps que les jeunes consacrent à leur sommeil serait-il en effet trop court par rapport à leurs besoins naturels ? Si 38 % d'entre eux dorment moins de 7 heures par nuit pendant la semaine et 20 % dorment seulement 5 heures par nuit, l'INSV estime que cette tranche d'âge a besoin d'une moyenne de 8h03 de sommeil  pour être en forme. Or, seul un tiers des ados dormirait les 8 heures nécessaires. "Un résultat préoccupant qui atteste de l'ampleur de leur dette de sommeil", déplore le Dr Joëlle Adrien, Présidente de l'INSV.

Les jeunes se couchent-ils trop tard ? Selon l'enquête, les jeunes s'endorment en moyenne à 23h20 en semaine et à 0h49 le week-end. Une fois installés dans leur lit, les jeunes mettent en moyenne 68 minutes avant de cesser toute activité et d'éteindre la lumière lorsqu'ils travaillent le lendemain. En plus du fait qu'ils s'endorment trop tard, le laps de temps avant de dormir est consacré à des activités sur écrans (communication et réseaux sociaux, internet, jeux...), ce qui "favorise les difficultés pour s'endormir et les réveils nocturnes, qui peuvent durer en moyenne jusqu'à une heure". Utiliser des écrans avant de se coucher a des impacts sur le sommeil : "les ordinateurs, smartphones et tablettes combinent à la fois une stimulation psychique, par leur propriété de média social et une stimulation physique par l'exposition à la lumière des écrans" et mettent les jeunes "en état de tension et d'excitation qui va à l'encontre du ralentissement qui devrait prévaloir à l'instauration du sommeil". Et cela a des conséquences sur leur journée : 82 % se plaignent de fatigue, 52 % d'un manque d'attention, 40 % d'irritabilité et de nervosité et 35 % de somnolence. Par ailleurs, un jeune sur cinq pense qu'une baisse de moral ou tristesse permanente seraient liés à leur manque de sommeil. L'INSV préconise alors d'éteindre tout écran (mettre son téléphone en "mode avion") au moins une heure et demie avant l'heure désirée d'endormissement et de privilégier la lecture.

Voir la vidéo de présentation de l'enquête "Quel sommeil pour les jeunes ?" :

Comment préserver son sommeil ? Au vu des résultats de cette enquête, les jeunes de 15 à 24 ans ont des besoins de sommeil spécifiques, et ne pas les assouvir les expose à des risques pour leur santé et pour leur développement personnel et professionnel. En effet, d'après l'enquête de l'INSV, "le sommeil joue un rôle clé dans l'équilibre physique et psychique" : il assure des fonctions essentielles sur le plan émotionnel et cognitif et stimule les capacités de synthèse, de concentration, d'analyse et de mémoire. A contrario, "un mauvais sommeil pourrait être synonyme de mauvais résultats scolaires", d'où l'importance de le préserver. Pour cela, les parents peuvent inciter leurs enfants à adopter des horaires de sommeil réguliers en évitant des heures de coucher et de lever trop variables, y compris le week-end. Il est également recommandé de se réveiller à son rythme et de dynamiser son réveil par des exercices d'étirements ou un petit-déjeuner complet. Enfin, pratiquer une activité physique, faire une petite sieste en tout début d'après-midi, dîner léger (mais consistant !), maintenir une température de 18°C dans la chambre et limiter sa consommation d'excitants (café, thé, coca, vitamine C…), d'alcool et de tabac favorisent l'endormissement et rendent le sommeil moins léger.

5 idées reçues sur le sommeil. Siestes, cafés à répétition, sports avant de se coucher… Certains gestes qu'on imagine, à tort, contrer les effets négatifs du manque de sommeil font tout le contraire et l'altère. Quels sont-ils ?

  • Faire du sport avant de se coucher. Même si l'activité physique est bénéfique pour le sommeil, mieux vaut ne pas la pratiquer trop tard : "au-delà d'une certaine heure, 20 heures à peu près, le sport retarde l'endormissement car il entraîne un réchauffement de la température corporelle et une excitation émotionnelle ou physique" s'opposant à la relaxation nécessaire au sommeil.
  • Compenser la fatigue avec une grasse matinée. Même si elle permet aux jeunes de dormir plus longtemps, la "grasse mat" est une mauvaise façon de récupérer : le sommeil du matin n'est pas de bonne qualité et ne permet pas vraiment de se rattraper. "C'est l'heure du début de sommeil qui importe", explique le Pr. Davenne à l'INSV.
  • Boire plusieurs thés et cafés. 28 % des jeunes consomment du café, du thé ou des boissons énergisantes au quotidien, Or, "la prise exagérée et régulière de caféine peut favoriser la survenue de conduites affectives, induit, au contraire, des difficultés d'endormissement ainsi qu'une diminution de la durée et de la qualité du sommeil", prévient le Dr. Adrien. Un cercle vicieux donc.
  • Faire une trop longue sieste pour compenser n'est pas la bonne solution car elle déséquilibre le rythme veille/sommeil : pour qu'une sieste soit réparatrice, "il faut dormir le plus tôt possible dans l'après-midi et pas plus de 30 minutes, au risque de se réveiller après une phase de sommeil lent profond", peut-on lire dans le compte-rendu de l'enquête.
  • Se coucher avant les premiers signaux de sommeil (bâillements, paupières lourdes, yeux qui piquent…) peut empêcher l'endormissement. Si, au bout de 15 minutes, vous ne parvenez pas à vous endormir, mieux vaut se lever, pratiquer une activité calme et relaxante puis retourner se coucher une dizaine de minutes plus tard.

Lire aussi :