"Je suis une femme fontaine": le soir où Laura, 32 ans, a réalisé

Longtemps, Laura a pensé qu'elle lubrifiait beaucoup pendant l'amour. Jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'elle était femme fontaine. Elle nous raconte sans détour ce qu'elle vit et ressent. Dingue.

"Je suis une femme fontaine": le soir où Laura, 32 ans, a réalisé
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La première fois a eu lieu il y a plus de dix ans, avec le père de ma fille, Anthony, dont je suis séparée depuis. J'ai fini dans une petite flaque, mais jamais je n'ai pensé être femme fontaine. La situation s'est reproduite plusieurs fois. On croyait que c'était de la sueur, rien de plus. Sans doute parce que je ne prenais pas le temps d'observer, de regarder. Je me fiais simplement à mes sensations : j'étais humide après l'orgasme, j'avais beaucoup mouillé, voilà tout.

Un véritable pistolet à eau, nous n'en revenions pas

J'ai pris conscience de ce que je vivais il y a trois ans. J'étais avec un autre homme, Vincent, et j'ai vu, clairement, que j'éjaculais. J'aurais pu crever un œil tellement ce jet était dingue. Disons que c'était si franc qu'il n'y avait plus de doute. Je crois que la contraction était tellement puissante que j'ai expulsé mon mec en même temps (rires). C'était le Graal pour lui. Il venait de trouver le bouton magique et a priori, il l'avait actionné "correctement". Un véritable pistolet à eau, nous n'en revenions pas. J'ignorais que le corps d'une femme pouvait faire ça. Je me suis renseignée, j'en ai parlé avec des copines, et j'ai compris que j'étais femme fontaine, même si j'ai du mal avec ce qualificatif : ça ne m'arrive pas à chaque rapport. J'ai connu ça une dizaine de fois dans ma vie.

Il y a eu une fois plus impressionnante que les autres avec Vincent. Je me rappelle une ambiance un peu "forbidden" : son meilleur pote dormait à côté. Ça monte et là… un geyser. Il repique (si je peux dire) et je l'expulse de nouveau avec le supplément "flotte", toujours au rendez-vous. En tout, trois fois de suite, c'était hyper impressionnant. Je ne sais pas si on peut parler de trois orgasmes, mais plutôt d'une éjaculation en trois fois.

Lui s'en amusait presque, du jamais vu pour nous deux. Et moi je ne reconnaissais pas les réactions de mon corps, incontrôlable. Ce jour-là, j'ai vraiment réalisé de ce qu'il était capable de faire et de ressentir. C'était agréable mais… limite un peu trop. De quoi me désorienter.

Clairement, j'ai senti que tout naissait du vagin

Je me masturbe depuis mon plus jeune âge et je me connais bien. Je sais que pour jouir, j'ai besoin du combo gland du clitoris – vagin. Le soir où j'ai éjaculé pour la première fois, j'avais les jambes en l'air. Depuis, je reste persuadée que c'est la position idéale. Et il me pénétrait (avec son pénis). Plus tard, il a utilisé ses doigts, les sensations étaient plus nettes. Clairement, à chaque fois, je sens que tout nait du vagin. Mais je ne parviens pas à identifier de point précis. Contrairement à ce qu'on lit parfois, je ne ressens pas une envie soudaine d'uriner. La différence est franche. J'ai une envie irrémédiable mais pas de faire pipi. D'expulser quelque chose, oui, mais je ne ressens rien par la vessie.

Ce qui m'intriguait, à cette période, c'était de capter pourquoi cette fois-ci et pourquoi Vincent. Première chose : j'ai pensé que j'étais amoureuse de Vincent. Conclusion facile : ça m'arrive avec lui alors que finalement, ça m'arrivait avec le père de ma fille (même si c'était moins spectaculaire), dont j'étais folle. Finalement, après réflexion, non, je n'étais pas amoureuse. C'était question d'autre chose. Alors j'ai listé : un mec bien membré, des doigts de fée, une façon de me faire des trucs pas humains avec sa langue… Je croyais alors qu'il me fallait des préliminaires de fou. Et pourtant, récemment, une belle rencontre, un beau feeling et boom, pas de préliminaires fulgurants. Il n'était pas forcément très habile de ses doigts et j'ai quand même tué son canapé.

En solo, j'ai essayé, mais en vain

Donc finalement, je ne crois pas qu'il y ait une formule magique à prononcer ou une recette spécifique à suivre. A chaque fois que j'ai éjaculé, l'alignement des planètes devait être le bon. Il faut que je me laisse totalement aller, ça joue énormément. Question d'état d'esprit. Et question de duo : en solo, j'ai essayé, en vain.

Impossible d'arriver là, je ne dois pas avoir la bonne technique avec mes doigts. Ce n'est pas la même sensation que quand il s'agit de quelqu'un d'autre. Je sens que ça ne vient pas. Alors qu'en couple, je sens, très vite, si je suis bien engagée. En fait, dès le début du rapport, ça monte. L'excitation grimpe vitesse grand V. Si elle stagne, ce qui arrive et fait partie du plaisir, je sais que je n'éjaculerai pas. Pas simple à décrire, mais il y a l'idée de perdre pied rapidement et d'être embarquée à fond. Faire demi-tour est impossible. C'est le signe qu'on y va.

Quand je n'éjacule pas, je prends tout de même du plaisir

C'est sûr, désormais, pendant un rapport, je laisse faire mais j'ai quand même en tête que j'aimerais que ça se reproduise. Pas seulement parce que c'est excitant pour mon partenaire et agréable de vivre un épisode légèrement hors du commun, mais aussi parce que l'orgasme est au-dessus de l'intense. Je ressens une montée vers l'au-delà. Je flotte, mes jambes tremblent. Bref, j'adore, mais je sais que rien ne sert de chercher.

Quand je n'éjacule pas, quand je ne rencontre pas cette sensation, je prends tout de même du plaisir. Je ne veux pas guetter, je ne veux pas que mon épanouissement sexuel dépende uniquement de ça. Et je ne veux pas – c'est le risque – penser uniquement à moi pendant l'amour, même si les hommes que j'ai connus ont toujours apprécié.

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