Le travail au noir : 1 Français sur 3 ne se cache plus

Les Français semblent faire plus appel qu'il y a quelques années au travail non déclaré. Un risque pour l'employeur comme pour l'employé, qui peut coûter cher. Une pratique fréquente dans les services à la personne, qui a poussé le groupe O2 à enquêter.

Le travail au noir : 1 Français sur 3 ne se cache plus
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Le groupe O2 - leader dans les services à la personne, avec 152 agences, 8 400 salariés et 32 000 clients - se bat contre le travail au noir et a mené avec Market Audit une étude sur le travail non déclaré en France, auprès d'un échantillon de 1 028 personnes.
Les chiffres qui résultent de ce sondage sont très inquiétants : un tiers des Français déclare travailler ou avoir déjà travaillé au noir (ils étaient seulement 13% en 2008); 1/5e des sondés pense que le travail au noir à domicile est toléré ; et le travail "au gris" prend de l'ampleur.
Les emplois non déclarés sont particulièrement présents dans les services à domicile, appelés aussi "SAP" (Services A la Personne), tels que le baby-sitting (54% des parents font appel au travail au noir pour les gardes occasionnelles), les tâches ménagères (on note une augmentation de 20 points du travail non déclaré dans ce secteur), le jardinage ou encore l'aide aux personnes âgées (2/5e de la population y a fait appel dans ces deux domaines).
Problème similaire : le travail au gris. Il s'agit ici de ne déclarer qu'une partie des heures effectuées. D'après l'enquête, le taux de Français ne déclarant pas toutes leurs heures est passé d'1 ou 2% seulement à près de 20%. Il semblerait que cette méthode soit utilisée pour percevoir les prestations sociales, mais également pour compléter ses revenus, certains estimant gagner plus d'argent en ne déclarant pas tout.
Pourtant, près de la moitié des sondés ne sait pas exactement ce qu'elle encoure. Le travail non déclaré peut coûter 3 à 5 ans d'emprisonnement. Les personnes interrogées pensent également que les avantages fiscaux ont été supprimés, ce qui n'est pas le cas. Les sondés demandent plus d'informations et une augmentation des aides financières pour lutter contre ce problème. De plus, la hausse de la TVA (qui passera de 7 à 10% dans le secteur des SAP en janvier 2014) inquiète les Français et pourrait donner lieu à une augmentation du travail au noir.
C'est pourquoi le groupe O2 lance un appel à la mobilisation générale au travers d'une campagne intitulée "Le travail au noir, c'est ringard !". L'objectif est de stopper ces pratiques pour permettre la création d'emplois stables et durables. On ne demande pas mieux !

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