Malia Metella : "Celle qui parle plus fort que les autres, c'est moi"

Le JournalDesFemmes.com a rencontré Malia Metella, ancienne nageuse de haut niveau qui présente actuellement les Mondiaux de Natation à Barcelone.

Malia Metella est née le 23 février 1982 à Cayenne (Guyane). Nageuse de haut niveau, elle est spécialiste du 100m nage libre et du 100m papillon. Elle fut vice-championne olympique du 50m nage libre en 2004 et vice-championne du monde du 100m nage libre en 2005. Le 3 novembre 2009, elle annonce qu'elle met un terme à sa carrière.
En ce moment, elle est aux côté d'Alexandre Boyon, Roxana Maracineanu et de Nelson Monfort pour présenter les mondiaux de natation. Les championnats du monde de natation à Barcelone sont à vivre en intégralité sur France Télévisions du 28 juillet au 4 août.

JournalDesFemmes.com : Pour vous, la natation, ça a commencé comment ?
Malia Metella
 : J'ai eu envie de faire de la natation pour pouvoir faire comme ma grande sœur. J'ai dit à ma mère : " je veux faire comme elle ". C'est comme ça que je me suis lancée dans la natation. Ma sœur était championne de Guyane et ma mère m'emmenait déjà avec elle pour assister à l'entraînement. Ca me donnait envie. Ma mère m'a appris à nager à l'âge de quatre ans et j'ai commencé la compétition à l'âge de 6 ans. C'était une grande passionnée de natation au début : nous sommes une vraie famille de nageurs : deux filles et un garçon. Aujourd'hui j'ai mon frère qui nage, il est en Equipe de France et il est ici à Barcelone (Medhy Metella, ndlr).

Et le grand plongeon dans la compétition ?
Malia Metella :
C'est venu très progressivement. J'ai commencé pour m'amuser avec mes amis à l'école. Mais je m'appliquais vraiment à faire tout ce que mon entraîneur me disait : j'en voulais toujours plus. J'étais encore plus motivée parce que ma sœur s'entraînait avec son coach à côté, et tant qu'elle n'avait pas fini moi je ne voulais pas sortir du bassin. On ne peut pas dire que nous étions rivales à l'époque : avec nos quatre ans de différence, c'était plutôt un jeu. Lorsque j'ai eu 12 ans, les choses sérieuses ont commencé. Ma mère et mon entraîneur m'ont dit : "Malia si tu veux vraiment faire de la natation à haut niveau et que tu veux aller battre les filles en métropole, il faudra s'entraîner beaucoup plus". J'ai dû commencer à m'entraîner deux fois par jour : mon entraîneur venait me chercher le matin pour aller dans le bassin à 5h30 (avant le collège qui commence à 7h30 en Guyane) et le soir je m'entraînais mes avec autres camarades du club. Je pense que la rivalité avec ma sœur a véritablement commencé à ce moment". 

Du coup, les études combinées aux entraînements, ça n'était pas trop difficile ?
Malia Metella :
Lorsque la natation est entrée dans ma vie de façon plus intense,  je n'ai jamais pensé à arrêter mes études. Je suis arrivée à 18 ans à Paris, à l'INCEP, où j'ai eu mon BEP commerce en action marchande en un an. J'ai enchaîné avec un bac pro commerce, et jai fini par faire une école de journalisme sur Paris (IEJ). Aujourd'hui, je travaille de façon indépendante en relation presse et journalisme.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à raccrocher le maillot en 2009 ?
Malia Metella 
: Je ne dirais pas que je n'avais plus la passion car j'aime toujours mon sport mais je n'avais plus l'envie ni la motivation. Je n'avais plus la force de prendre mon sac et pour aller à l'entraînement. Plutôt que d'être écœurée par un sport que j'ai pratiqué de mes 4 ans jusqu'à mes 27 ans je me suis dit "Malia il vaut mieux arrêter je crois que c'est le moment".

Vous êtes consultante pour France Télévisions pendant ces mondiaux de natation. Comment évolue la retransmission télévisuelle du sport féminin en France ?
Malia Metella :
Ça commence à évoluer : on voit beaucoup de plus en plus de sportives à la télévision et c'est tant mieux. Mais il y a encore des efforts à faire. Le sport féminin en France est en retard comparé à d'autres pays je pense aux Etats-Unis ou à l'Angleterre. C'est le palmarès qui va jouer sur les audiences, qui va attirer les téléspectateurs.

Aux commentaires vous êtes avec Alexandre Boyon, Roxana Maracineanu et Nelson Monfort, comment se passe la cohabitation ?
Malia Metella :
Celle qui parle plus fort que les autres c'est moi malheureusement ! Non, la cohabitation se passe très bien. Nelson est au bord du bassin, c'est lui qui a les nageurs à la sortie de l'eau, et on a Alexandre qui peut le relancer grâce à son oreillette. C'est parfait, ils ont l'habitude de travailler ensemble depuis plusieurs années notamment en athlétisme.
Sur le plateau avec Alexandre et Roxanna, ça se passe également très bien : on est les uns à côté des autres, on partage les moments forts du championnat. On a passé de supers journées. C'est vrai qu'à trois ça parait beaucoup, mais on arrive à communiquer grâce à des signes. D'ailleurs, c'est Alexandre le chef d'orchestre. On laisse aussi des temps de pause pour que le spectateur profite du moment : il n'a pas forcément besoin d'entendre les commentaires des journalistes tout le temps.

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Malia Metella - Les championnats du monde de natation à Barcelone sont à vivre en intégralité sur France Télévisions  © France Télévisions

La natation est le sport où les femmes sont le plus médiatisées. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Malia Metella :
 C'est surtout grâce aux résultats de Laure (Manaudou, ndlr) et de Camille Muffat, une sacrée blagueuse. 

Qu'est-ce que vous espérez apporter en tant que commentatrice pour ces mondiaux de natation ?
Malia Metella :
J'espère apporter ma fraîcheur et le côté technique que j'ai acquis avec mon expérience.

Et côté coeur ?
Malia Metella :
Pour le moment, je suis célibataire et je n'ai pas d'enfants. Mais pourquoi pas ? Comme on dit, l'Amour ne se cherche pas, il vous tombe dessus. Je suis un cœur à prendre, mais je ne cherche ni un nageur ni un sportif en particulier.