Les Ukrainiennes appellent à une grève du sexe avec les Russes

En réponse à l'annexion de la Crimée par la Russie, des Ukrainiennes ont lancé la campagne "Don't give it to a russian" qui appelle leurs concitoyennes à ne plus coucher avec l'envahisseur.

Grève du sexe Ukraine Russie
© Capture d'écran Facebook

Depuis le 19 mars, des femmes ukrainiennes appellent à une grève du sexe pour manifester leur révolte face à l'annexion de la Crimée par la Russie. L'initiative a été créée par un groupe de journalistes et d'activistes sociales ukrainiennes qui considèrent que la communauté internationale "ne comprend pas réellement ce que les soldats Russes font vraiment en Crimée", a expliqué Katerina Venzhik, fondatrice du mouvement, au magazine Vice News. Une façon originale de faire entendre leur voix. Les internautes russes se sont empressés de se moquer, traitant les femmes ukrainiennes de "prostituées", mais ces femmes ne sont pas prêtes de se laisser abattre pour autant.
L'initiative est toutefois loin d'être tentée pour la première fois : en 2003, la lauréate du prix Nobel de la paix Leymah Gbowee avait organisé une grève du sexe pour que la parole des femmes soit écoutée lors du processus de paix au Nigeria et plus récemment, en 2011, la sénatrice belge Marleen Temmerman appelait également à cette technique afin de sortir le pays de la crise politique.
Ce procédé de grève du sexe pour défendre des idées politiques remonterait à l'époque de la Grèce antique, où les femmes refusaient tout rapport sexuel tant que leurs maris poursuivaient la guerre. Aristophane racontait dans sa pièce Lysistrata (écrite en 411 av. J.C.) l'histoire d'une Athénienne qui tente de convaincre les femmes des cités grecques de se refuser à leurs hommes en guerre contre Sparte jusqu'à ce qu'ils arrêtent de combattre. "Le salut de la Grèce entière est entre les mains des femmes (...) si nous voulons forcer les hommes à faire la paix, il faut nous abstenir", écrivait le dramaturge. Une technique vieille comme le monde. 

dontgiveittoarussian
"Don't give it to a russian" © Capture d'écran page Facebook