La Veuve noire de l'Isère libérée pour vice de procédure

Condamnée à trente ans de prison pour le meurtre de son dernier mari le 31 octobre 2008, Manuela Gonzalez, dite La Veuve noire de l’Isère, a été relâchée lundi 21 septembre pour non-respect du "délai raisonnable" de jugement en appel.

La Veuve noire de l'Isère libérée pour vice de procédure
© sebra

La situation est ubuesque et pourtant bien réelle. Manuela Gonzalez, alias la Veuve noire de l’Isère, a été libérée par le parquet de Grenoble lundi 21 septembre. Ce dernier a considéré que "le délai entre la première instance et l’appel était trop long".
Les faits remontent au 31 octobre 2008 quand le corps du dernier mari de l'accusée, Daniel Cano, a été retrouvé calciné sur la banquette arrière de son véhicule. Quatre de ses précédents époux, dont deux d'entre-eux sont morts, avaient eux aussi subi des intoxications suspectes. L’enquête avait fini par condamner Manuela Gonzalez. Placée en détention provisoire à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas depuis le 25 mars 2010, elle a été condamnée à trente ans de réclusion criminelle en 2014. Lors du procès devant la cour d’assises de l’Isère, son avocat Maître Gallo a plaidé l’acquittement alors que le parquet avait requis 25 ans de réclusion criminelle. L’avocat de la Veuve noire a immédiatement interjeté l’appel. Depuis, aucune audience n’a été annoncée, ce qui a permis à l’avocat de déposer "une demande de remise en liberté de sa cliente le 22 juillet, en estimant que le délai raisonnable pour être jugé avait été dépassé au regard de la Convention européenne des droits de l’homme", comme le rapporte l'AFP.
La cour d’appel de Grenoble a approuvé cette demande et libéré la criminelle.
Maître Gallo explique : "Quand on fait appel, la décision de première instance n'existe plus juridiquement. Ma cliente était donc présumée innocente et était considérée comme étant en détention provisoire (…) la détention provisoire durait donc depuis cinq ans et trois mois. Il s'était écoulé dix-sept mois depuis l'appel, sans qu'aucune date ne soit fixée pour le nouveau procès."
La tournure de ce procès confirme une fois de plus à quel point les cours d’assises sont saturées en France. Cette libération intervient après celle de Rajeswaran Paskaran, accusé d'avoir tué un gardien de la paix à la Courneuve et qui s'est vu relaché pour les même motifs jeudi 17 septembre.

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