Nues pour le roi du Swaziland : tradition ou abus ?

Des milliers de jeunes femmes vierges ont participé à la Danse des roseaux à la fin du mois d’août, une cérémonie folklorique qui célèbre la virginité au Swaziland. Mais entre tradition, sexisme et abus, ce "rite" n'a pas que des adeptes.

Nues pour le roi du Swaziland : tradition ou abus ?
© Dailymotion Le Monde

La cérémonie annuelle de la "Danse des roseaux" ou "Umhlanga", qui se tient à la fin du mois d'août dans le royaume du Swaziland, en Afrique australe, est officiellement décrite comme une fête folklorique destinée à célébrer la virginité. Une tradition des plus paradoxales puisque les jeunes femmes vierges sont invitées à danser seins nus pour signifier leur allégeance au roi Mswati III et à entonner des chants pendant de longues heures.
Une toute autre vérité accompagne donc cette célébration swazie. Le roi, polygame et aujourd’hui entouré de quatorze épouses, a ainsi été accusé en 2002 d'avoir voulu enlever une des jeunes vierges pour la forcer à devenir l’une de ses femmes. 
Outre ces comportements sexistes, BFM TV pointe aussi du doigt que la Danse des roseaux est devenue une véritable attraction pour touristes depuis que le roi a décidé de la promouvoir, ce qui amène les organisations des droits de l’Homme à combattre ce genre de manifestations considérées comme sexistes et humiliantes. L’AFP a recueilli le témoignage de Kenneth Kuehne, secrétaire général du parti communiste : "Nous souhaitons boycotter le festival que nous ne considérons pas comme une célébration culturelle mais comme de la pornographie pour le roi et son élite." Il dénonce aussi des cas de "viols".
Cette controverse est d’autant plus grave qu’un quart des habitants swazis est atteint du virus du sida dans un royaume où l’espérance de vie est une des plus faibles au monde : 42 à 49 ans en 2012 selon les chiffres de la CIA

 
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