Les mariages entre femmes, une coutume tolérée en Tanzanie

Alors qu'en Tanzanie, le mariage entre deux femmes était à l’origine une tradition permettant de protéger l’héritage familial, ce type d’union devient de plus en plus un moyen d’échapper aux violences conjugales. Le site Jeune Afrique s'est penché sur cette coutume.

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"Nyumba ntobu". C’est le nom donné à la pratique ancestrale tanzanienne qui consiste à se marier entre femmes. Initialement, cette tradition avait pour but de permettre à celles qui n’avaient pas eu de garçon de pouvoir préserver leur héritage car en Tanzanie, les femmes qui n'enfantent pas d'héritier sont dessaisies de leurs biens. Pour éviter cela, elles se marient avec une femme, souvent plus jeune, susceptible de concevoir avec un autre homme un garçon qui pourra alors hériter de leur patrimoine. Le géniteur renonce alors à tous ses droits sur l'enfant. 
Aujourd’hui, ce type d’union est également devenu un moyen pour les femmes d’échapper aux violences conjugales et de jouir d’une plus grande liberté au sein de leur couple, particulièrement dans la région de Mara, dans le nord.
Sifa Mwana en sait quelque chose. Au site Jeune Afrique, cette jeune femme de 22 ans explique qu'elle était battue par l’homme avec qui elle vivait depuis quatre ans. "Je suis partie de chez mon mari car il me battait à chaque fois qu’il rentrait ivre. C’est-à-dire tous les soirs". Mariée à une autre femme, Aziza, depuis un an, elle vit désormais dans la sérénité. 
"C’est une vieille tradition, qui n’a jamais fait de mal à personne. C’est la contribution de notre communauté pour le respect des droits de la femme", a affirmé un sage de la ville à Jeune Afrique. Cependant, cette coutume ancestrale tolérée par le pays n’est pas reconnue légalement et ne peut donc être apparentée à un mariage homosexuel. En Tanzanie, l'homosexualité est punie par des peines de plus de dix ans d'emprisonnement. Un rapport publié par l'ONG Human Rights Watch en juin 2013 précisait même que les homosexuels étaient régulièrement la cible de "tortures" policières. 

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