Qu'est devenue Myriam Badaoui, mère incestueuse, agressive et délirante des victimes d'Outreau

Appelée à témoigner dans le procès de Daniel Legrand, Myriam Badaoui a définitivement blanchi le dernier accusé de l'affaire d'Outreau. Retour sur le parcours et la personnalité de cette femme indigne au cœur de l'un des plus grands fiascos judiciaires français.

Qu'est devenue Myriam Badaoui, mère incestueuse, agressive et délirante des victimes d'Outreau
©  LEFEVRE SYLVAIN/SIPA

Mercredi 27 mai, Myriam Badaoui, la principale accusatrice et coupable de l’affaire d’Outreau, a définitivement disculpé Daniel Legrand, dernier accusé dans cette affaire d’abus sexuels sur mineurs. En février 2001, quand le dossier atterri sur le bureau du jeune juge d’instruction Fabrice Burgaud, personne n’a encore conscience de l’ampleur du fiasco judiciaire qui s’annonce. Le procès s’ouvre en mai 2004 : 17 suspects sont poursuivis pour viols et agressions sexuelles présumées sur mineurs. Sept sont acquittés, Myriam Badaoui est condamnée à 15 ans de prison pour le viol de ses quatre enfants - qu’elle a tout de suite reconnu -, agressions sexuelles et corruption sur dix autres enfants. Mais elle n’a pas agi seule et accuse 50 personnes, dont son mari, Thierry Delay. Fin 2005, elle revient sur ses déclarations lors du procès en appel et innocente tous les accusés, sauf son mari et un couple de voisins. Libérée en septembre 2011 après avoir purgé les deux tiers de sa peine, elle est la figure centrale de tout le processus.
Surnommée "la diva des assises" ou "reine Myriam", ses déclarations et revirements à répétition dessinent le portrait d’une mythomane et d’une affabulatrice. Les experts psychiatres s’intéressent à cette femme, née en Algérie d’un père peintre sur les chantiers navals et d’une mère au foyer. Les médecins diagnostiquent une "profonde immaturité psychologique" ainsi que des tendances dépressives mais la jugent incapable de mentir. A 14 ans, on la force à épouser un cousin qui la viole et la bat. Il l’aurait également contrainte à se prostituer. De ce mariage naît un petit garçon, Chérif, en 1990. Trois ans plus tard, Myriam Badaoui se remarie avec Thierry Delay, qui reconnaît l’enfant mais le rebaptise Kevin, pour gommer la résonance prétendument "bougnoule" du prénom. Le couple aura trois garçons : Dimitri, Jonathan et Dylan.

Myriam Badaoui ©  LEFEVRE SYLVAIN/SIPA

Sa relation avec le juge Burgaud, ou plutôt la manière dont elle la perçoit, apporte un éclairage particulier sur la personnalité de cette femme. Alors que le magistrat recueille son témoignage et l’écoute, elle est persuadée d’avoir trouvé un ami. "Pour la première fois, j'avais quelqu'un qui m'écoutait et pour qui j'avais de l'importance. J'existais", explique-t-elle. Plus le juge se montre avide en détails, plus Myriam Badaoui part dans ses délires accusateurs. Elle ment pour lui faire plaisir. "Plus j'en disais, plus il était content, plus j'existais. Y'a des moments que je disais la vérité, mais il était pas content, il tapait du poing sur la table, alors je repartais dans mes délires". Elle appuie les accusations de ses fils, toutes plus sordides les unes que les autres, sans sourciller, et n’hésite pas à confirmer pêle-mêle des scènes de zoophilie, des viols dans une ferme en Belgique et le meurtre d’une fillette. Au moment où Burgaud est nommé à Paris et quand un autre juge est saisi,  elle avoue s’être "sentie abandonnée".
Lors du procès en appel, en 2005, elle reconnait avoir menti et admet qu’il "y a deux personnes en [elle]". Mercredi, pendant le procès de Daniel Legrand, Myriam Badaoui, appelée à témoigner, a là encore avoué avoir "menti par orgueil" et être "partie dans des délires monstrueux".
Depuis le dernier procès, elle se serait métamorphosée. Désormais âgée de 48 ans, elle aurait perdu près de 60 kilos et son fils, Jonathan, assure qu’elle aurait fait de la chirurgie esthétique. Dans un entretien accordé à La Voix du Nord, il a déclaré que lors d’une de leur rencontre il y a deux ans, il ne l’avait pas reconnue. Myriam Badaoui vit en Bretagne et son avocat, qui ne l’a pas vue depuis près d’un an, assure qu’elle "cherche à se faire oublier"