Manhattan-Kaboul : la petite fille afghane pleure toujours

La "petite fille à la robe verte", qui a valu un prix Pulitzer à un photographe de l'AFP, fait encore des cauchemars. Scène d'horreur.

Manhattan-Kaboul : la petite fille afghane pleure toujours
© AFP

Des dizaines de cadavres et une gamine, épargnée, qui hurle au milieu des décombres, sa tenue d'apparat souillée. Le 6 décembre, à Kaboul, Tarana Akbari s'était parée de ses plus beaux atours pour la fête musulmane de l'Achoura. Un attentat-suicide a tué sept membres de sa famille.

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Attentat à Kaboul, le 6 décembre 2011 © MASSOUD HOSSAINI / AFP

Pour ce cliché, Massoud Hossaini a été distingué, lundi, à New York, du prix Pulitzer dans la catégorie "information". Ce photographe qui n'a connu que l'exil et le fracas des armes, décroche ainsi l'une des récompenses américaines les plus prestigieuses en matière de journalisme.

 

Agé de 30 ans et originaire d'Afghanistan, Massoud Hossaini se trouvait ce jour-là à quelques mètres seulement du sanctuaire chiite, théâtre de l'explosion qui a fait 80 morts et 150 blessés. "Au bord de la chaussée, non loin de la mosquée, il y avait un endroit où des femmes et des enfants étaient rassemblés pour regarder la procession. J'ai vu de nombreux enfants blessés, qui ne bougeaient pas (...) J'ai vu une fillette d'une douzaine d'années, Tarana, totalement en sang, elle ne savait pas quoi faire (...) elle pleurait beaucoup", a-t-il raconté.

"Une simple photo, fascinante, dont on se souvient longtemps", a déclaré lors d'une conférence de presse le responsable du prix, Sig Gissler.

Plusieurs mois après la tuerie qui l'a rendue tristement célèbre à travers le monde, la pauvre enfant est encore hantée par ces images, glacée par la peur. Tarana Akbari habite avec les survivants de son foyer dans un deux-pièces, nous apprend francetv.fr. Elle a perdu son frère de 7 ans dans l'attentat et ses terribles souvenirs l'empêchent de dormir. Tarana ne porte plus sa robe menthe à l'eau. Ses nuits sont sans sommeil. Rien ne peut l'apaiser, même la notoriété...

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