Gestation pour autrui

La gestation pour autrui : un sujet qui fait toujours débat

Avec l'adoption, le 17 mai 2013, de la loi sur le mariage pour tous, les questions de l'homoparentalité et des moyens à la disposition des couples homosexuels pour avoir des enfants se sont posées avec une nouvelle acuité et toujours autant de virulence de part et d'autre de l'échiquier politique, mais aussi à notre niveau, simples citoyens. Parmi les sujets faisant polémique, la gestation pour autrui a sans doute été le plus débattu.

Le principe de la gestation pour autrui

La gestation pour autrui, ou GPA, est le fait d'avoir recours à une mère porteuse en cas d'infertilité - la plupart du temps féminine - dans un couple. Il existe deux types de mère porteuse : celle qui ne sert que de "couveuse" aux embryons fournis par le couple stérile (qui a pu bénéficier d'un don d'ovule), et celle qui fournit aussi un ovule pour permettre la procréation. Dans un cas comme dans l'autre, que la mère porteuse ne soit là que pour le développement du foetus ou contribue aussi au patrimoine génétique de l'enfant à naître, elle doit remettre, après l'accouchement, le bébé au couple ayant eu recours à elle pour concrétiser son désir d'enfant.

La gestation pour autrui à l'heure du mariage pour tous

En 2010, le Comité consultatif national d'éthique avait renouvelé son opposition à la gestation pour autrui, pour des raisons médicales (risques liés aux grossesses multiples, conséquences de la grossesse et de l'accouchement sur la santé de la mère porteuse, danger de marchandisation du corps humain) et sur des fondements éthiques (atteinte à la dignité de la personne humaine, risque sur le psychisme de l'enfant né dans le cadre d'une GPA, etc.). Aujourd'hui toujours interdite en France, comme l'a récemment rappelé Manuel Valls, la gestation pour autrui est revenue sur le devant de la scène politique et médiatique lors des débats sur la loi ouvrant le mariage aux couples du même sexe. De nombreux opposants à cette loi craignaient en effet que son adoption ouvre la voie à la légalisation de la GPA, or ce sujet fait toujours débat en France, malgré l'évolution du modèle familial et des mentalités. En définitive, la question de la GPA en pose donc une autre, non résolue par le législateur : comment la société peut-elle répondre au désir d'enfant des couples homosexuels masculins, puisque l'adoption leur est toujours interdite ?

Actualités