La susceptibilité

Nous sommes des êtres uniques et sommes plus ou moins susceptibles. La susceptibilité est un trait de caractère, source de souffrance pour les personnes dont leur sensibilité et leur émotivité les disposent à se vexer, à se sentir offensées, persécutées et à réagir à ce qui est perçu comme une attaque personnelle.


La susceptibilité est aussi l’expression de notre sensibilité. Notre sensibilité, si elle est une grande qualité ne doit toutefois pas nous gâcher la vie.

Si la susceptibilité est un trait de caractère, dès notre enfance, notre niveau de susceptibilité, à l’âge adulte est fonction de notre vécu. Elle fait écho à nos blessures d’enfant.

Si enfant, nous avons ressenti un manque de valorisation, avons eu le sentiment d’être un vilain petit canard, engendrant un manque d’estime et de confiance en soi, notre sensibilité nous amène à porter une attention extrême au regard et à ce que pense de nous, ceux qui nous entourent.

Notre susceptibilité est source de stress, par l’attention que nous portons aux autres aux intentions, réactions des autres à notre égard. Elle réveille mauvaise humeur, voir agressivité, par l’offense ressentie, les ressentiments. Nos émotions nous submergent et engendrent notre impulsivité.

Alors que nous avons un besoin d’être entendu, reconnu, nous n’attirons aucune compassion, indulgence des autres. Notre comportement est perçu comme ridicule, inadéquat, voir vaniteux et nous pouvons être considéré, comme celui qui « plombe l’ambiance ».

Nous pouvons ainsi nous isoler, avoir le sentiment de ne pas avoir notre place.

Tout individu est touché par des remarques désobligeantes, le jugement, c’est une réaction normale et salutaire. Elle est l’expression de notre sensibilité, qui nous rappelle que nous sommes des êtres humains, un éveil du respect que nous nous devons à nous-mêmes et que nous nous devons de recevoir.

Pour les personnes susceptibles, les remarques, le jugement engendrent un système de défense beaucoup plus important que la défense vis-à-vis de celle-ci engendrant des réactions récurrentes où notre sensibilité est exacerbée (« être à fleur de peau »).

Les personnes hypersensibles peuvent ainsi être plus susceptibles et/ou perçues comme susceptibles.

Notre susceptibilité nous impacte dans notre vie personnelle comme professionnelle, dans les moments heureux, comme dans les moments plus sérieux, si nous avons le sentiment d’être mis à l’écart, de ne pas être entendu, reconnu.

Selon notre personnalité, nous pouvons réagir vivement oralement, nous justifier en permanence, ou a contrario couper court à tout dialogue.

Pour nous-mêmes, comme pour ceux qui nous entourent la susceptibilité est source de tensions, d’incompréhension.

Plus nous avons conscience que nous sommes susceptibles, plus notre niveau de souffrance s’élève. Nous pouvons regretter d’avoir agir violemment, de ne pas avoir exprimé notre ressenti, à un moment où cela nous semblait important. Nous devenons ainsi notre propre juge avec une mauvaise estime de nous renforcée par le jugement supposé de notre environnement. Notre mauvaise image de soi accroît notre manque de confiance par le sentiment de ne pas « être parfait », de faire moins bien qu’autrui.

Pour apprivoiser sa susceptibilité, il est salutaire de voir ce trait de caractère comme une partie de nous et non nous. Plus nous la rejetons, plus nous renforçons notre image de soi.

Accueillir, accepter sa susceptibilité, c’est accepter une part de soi pour s’autoriser, sans culpabilité, à comprendre les situations, événements, qui ont engendré les blessures qui l’ont renforcée et trouver des stratégies d’adaptation pour gérer notre susceptibilité.

Nous ne sommes pas susceptibles pour nous faire du mal ou pour faire du mal à autrui, nous sommes susceptibles par ce que nous sommes des êtres blessés, et ce, parfois depuis notre plus tendre enfance.

Travailler sur nos blessures est le premier pas pour retrouver confiance et estime de soi.

La confiance et l’estime de soi est la clé pour gérer notre susceptibilité.

Nous pouvons ensuite, noter les situations, événements et les personnes où notre susceptibilité s’éveille.

Nous repérons ainsi ce qui engendre notre susceptibilité et avec qui. C’est un premier constat qui nous permet de nous apercevoir qu’un mot, plus qu’un autre et/ou une situation, plus qu’une autre la déclenche et aussi que peut-être celle-ci se matérialise uniquement avec certaines personnes, pas avec d’autres.

Ce constat est la clé pour mieux comprendre à quoi, à qui elle fait écho et nous autoriser à adapter des stratégies d’adaptation pour ne plus subir ces situations, avec violence vis-à-vis de soi, voir vis-à-vis d’autrui, mais à s’autoriser à être bienveillant à notre égard.

Dans le présent, notre susceptibilité fait écho à un événement passé, nous fait penser à une personne. Le passé ne peut être changé, tout comme nous n’avons aucun pouvoir sur autrui.

Nous avons le pouvoir de changer notre présent, de nous libérer des mots, source de nos maux, en se rappelant qu’une relation est 50/50 et que 50 % ne nous appartiennent pas. C’est notre pouvoir de pouvoir relativiser ainsi une situation, d’arrêter de lutter contre ce qui ne peut être changé pour, dans la conscience de l’adulte devenu œuvrer pour nous-même, libéré de toute dualité et jugement.

Nous pouvons aussi, avouer notre susceptibilité aux personnes proches bienveillantes à notre égard. Leur évoquer que notre susceptibilité n’est pas une réaction contre elles, mais un mécanisme de fonctionnement qui s’éveille face à certaines situations, que vous apprenez à la gérer, mais que comme toute personne, nous ne sommes pas parfaits et que pour certains jours, c’est plus facile que d’autre. Nous permettons ainsi de limiter les incompréhensions, instaurons une relation de confiance, avec bienveillance.

La susceptibilité étant un trait de caractère, certains de nos enfants y sont également confrontés. Elle est même amplifiée à l’adolescence, période où les émotions sont exacerbées.

Nous pouvons percevoir nos enfants comme boudeurs, peu amènes de rire d’eux-mêmes et se retranchant, après s’être exprimé ou pas, se vexant facilement ce qui les amène à se fâcher avec leur camarades, leur proches et toutes les personnes contribuant à leur éducation, leurs apprentissages.

Etre trop autoritaire, trop strict avec nos enfants et plus particulièrement nos enfants susceptibles contribuent à renforcer leur sentiment de dévalorisation et peut les amener à percevoir, en grandissant, leur entourage, comme le Parent émettant une critique systématiquement dirigée contre eux, même si elle ne leur est pas destinée.

Leur confiance en eux est altérée par le sentiment, face à ce qu’ils perçoivent comme un échec, de se sentir, se voir comme nul, par l’amplification donnée à leurs points faibles et plus particulièrement par eux-mêmes.

Si développer la confiance et l’estime de soi est essentiel pour chacun de nos enfants, pour nos enfants susceptibles, elle est la clé pour les accompagner à apprivoiser leur susceptibilité et aussi leur sensibilité.

Les enfants, comme les adultes sensibles, ont des capacités à s’émouvoir qui les ouvrent à la compassion, à la tendresse pour autrui.

Ses qualités sont des leviers pour les accompagner à les valoriser, les complimenter tout en leur faisant accepter que la perfection n’existe pas, que comme chacun d’entre nous ils ont des points faibles et des points forts.

L’enfant étant spontané et joyeux, l’humour bienveillant est une opportunité pour lui faire accepter ses points faibles. Rire de nous-mêmes, en tant qu’adulte rappelle à l’enfant que mêmes les adultes font des erreurs, se trompent, peuvent oublier…

Dans notre vie de couple, comme dans notre vie familiale, professionnelle, nous sommes confrontés à des personnes susceptibles.

Si l’humour est une clé pour l’enfant, pour l’adulte déconnecté de son âme d’enfant, de sa spontanéité, celui-ci peut-être mal perçu et renforcer sa susceptibilité, le vexer.

Les plaisanteries sont donc à éviter, comme tous les jugements de valeurs. Lorsque nous sentons que la personne susceptible, comme tout à chacun n’est pas, à un instant T, dans les meilleures dispositions pour aborder certains sujets, les éviter et /ou les reporter, lors d’une discussion à un moment plus opportun.

Notre capacité d’empathie est la clé pour un bon relationnel avec les personnes susceptibles.

Pour dédramatiser la susceptibilité, la nôtre, comme celle d’autrui, nous libérer de notre vision négative, la susceptibilité comme une part de soi et non soi, une part de l’autre et non l’autre.

Porter un regard bienveillant sur notre susceptibilité et la susceptibilité d’autrui, l’accueillir permet de nous libérer d’une image négative, source de renforcement de nos émotions, comportements perçus comme tels.

Et si nous sommes honnêtes, avec nous-mêmes, chaque individu a plus ou moins une proportion à la susceptibilité, face à un événement, une situation perçue comme dérangeante.

En ce sens, la susceptibilité est une part de nous, plus ou moins forte en intensité. Il appartient à chacun de nous d’en avoir conscience pour la transformer en opportunité d’évolution, dans le respect de nos valeurs, nos besoins.

Virginie, coach de vie, membre du réseau Pozego.