Une femme à l’Élysée, ça changerait quoi?

À quelques jours du verdict final, la bataille présidentielle se joue entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Mais aussi, entre un homme et une femme. Si la candidate portée par le Front National pousse les portes de l’Élysée, ce serait une première.

L’Élysée a déjà accueilli des femmes, mais en tant que première dame et non présidente. Sur le siège de président, ou de présidente, pourrait s’asseoir Marine Le Pen, après le second tour de la Présidentielle 2017. 




Politiquement, des changements seraient bien entendu à prévoir. Mais si on s’éloigne des programmes, la présence d’une femme à la tête de l’État pourrait-elle changer quelque chose ? Au fond, la présidence est plus une affaire de convictions qu’une affaire de sexe…

Des femmes au pouvoir ? Pas inédit !

Si le cas d’une Présidente de la République française serait inédit, les citoyens n’en sont pas moins habitués à voir des femmes accéder au pouvoir. Si l’on remonte l’histoire, on trouve des reines, des impératrices, des présidentes de parlement, etc. Certains voisins, comme les Allemands, sont sous la houlette d’une femme. Angela Merkel en l’occurrence. Aussi, dans le gouvernement français, la parité est respectée, contrairement à plusieurs autres instances où les cravates prennent un peu plus de place… D’ailleurs, ces instances comme le Sénat ou le Parlement, d’où sortent parfois des échos peu féministes, de quel œil verrait-il une femme à l’Élysée ? Impossible de le savoir…


Concrètement, au pouvoir, une femme appliquera ses projets de la même manière qu’un homme le ferait. Peut-être serait-elle un peu plus attendue au tournant sur des questions comme le droit des femmes, l’égalité salariale ou la prévention des violences faites aux femmes… Les fonctions présidentielles ne laissent que peu de places aux sensibilités personnelles. Cela ne devrait donc rien changer de particulier.

Les Français favorables, sur le principe

Si l’on pointe du doigt cette poignée d’hommes indélicats qui peuple les bancs de nos institutions, il faut tout de même voir les progrès en matière de place des femmes au pouvoir. En 1945, lors du premier scrutin ouvert aux votantes, moins de deux Français sur 10 étaient favorables à ce qu’une femme devienne Présidente de la République. Lors d’un sondage réalisé pour RTL en 2015, 95 % de la population s’était dite prête à accueillir une femme à la tête de l’État. Cependant, le sondage ne précise pas quelle femme ? Sur le principe, les Français sont favorables mais tout dépend évidemment de la personne, de ses idées, de son parti…

  L’électorat de Marine Le Pen est assez difficile à cerner. On pourrait croire aux stéréotypes des électeurs FN. Mais des analyses sociologiques et des sondages montrent une réalité bien plus surprenante. 

La surprise vient notamment des jeunes, qui avec Le Pen fille semble vouloir balayer une image transportée jusqu’à lors par Le Pen père. Un sondage de la plateforme d’orientation Diplomeo, révélait avant le premier tour, que Marine Le Pen était la deuxième candidate préférée des lycéens, à 1 % seulement d’Emmanuel Macron. Un électorat jeune certes mais qu’en est-il des femmes ? Se sentent-elles plus proches d’une candidate, que d’un candidat ? Là encore, on peut affirmer que tout ça n’est pas une affaire de sexe, mais bien d’idées.