Comment gérer ses peurs ?

Nos peurs ont pour rôle de nous alerter de certains dangers, nous amener à agir avec sécurité.


Les peurs ont toujours fait partie intégrante de tout être humain face à ce qui est perçu comme dangereux, une difficulté inhabituelle. 

Nos peurs sont un écho à la plus grande peur de l’être humain, à savoir la peur de la mort. Elles activent notre instinct de survie. 

Nos peurs sont ainsi garantes de notre sécurité, à l’instant T, comme par exemple, lorsque nous envisageons de traverser et qu’arrive un véhicule. La peur du danger lié au risque nous empêche de nous engager, de nous faire bousculer. C’est un mécanisme de fonctionnement, comme un instinct de survie, face à un danger immédiat. 

Nous retrouvons ce mécanisme de fonctionnent face à toute situation potentiellement dangereuse pour notre vie. 

En ce sens, nos peurs, sont salutaires, ont leur raison d’être. Elles nous permettent de mesurer les risques, de prendre des précautions, d’adopter notre comportement, de trouver des stratégies d’adaptation pour notre bien-être, le bien-être de ceux qui nous entourent, continuer à vivre, d'adopter des stratégies d'adaptation pour oser avancer en sécurité. 

Vivre étant la motivation essentielle de tout être humain, nous pouvons nous interroger sur toutes nos peurs présentes dans notre vie, comme la peur du jugement, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de blesser, la peur de ne plus être aimé… 

Ces peurs ne remettent pas en cause notre ultime existence. Et pourtant, nous nous sentons en insécurité, lorsque celles-ci se manifestent, par l’importance disproportionnée, que nous leur accordons par rapport à l’événement, la situation qui les provoque. 

Nos peurs sont alors perçues comme une chape de plomb. Elles peuvent nous paralyser, nous empêcher de passer à l’action, réagir plutôt qu’agir. 

Nos peurs trouvent aussi leur origine, dans des événements passés, dont notre mémoire, notre corps à conserver le souvenir. 

Nos peurs ne doivent toutefois pas être des freins à la réalisation de nos envies et besoins. 

La transformation de nos peurs en émulation positive passe par une phase d’interrogation :

Sommes-nous intrinsèquement en danger dans la peur/les peurs, comme la peur du jugement, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de blesser, la peur de ne plus être aimé… ? 

La réponse est non. Nous sommes et restons vivant, lorsque ces peurs se manifestent. 

Comme nous sommes en vie, nous avons la possibilité de les accueillir, les apprivoiser, les accepter, de les transformer en émulation positive, respectueuse de nos besoins et valeurs. 

Nous peurs nous envahissent à un instant T, elles sont en lien avec des suppositions, des impressions ou en écho à un passé. 

Or, les impressions, les suppositions ne sont pas réalité. Le passé est passé et rare sont les situations à 100 % à l'identique, sans oublier que nous évoluons. Le contexte, comme nous est différent. 

Cette prise de conscience est essentielle pour désamorcer l’intensification de nos peurs, éviter de donner pouvoir à autrui. 

Plus nous avons peur d’autrui, comme la peur de son jugement, de ne plus être aimé, plus nous lui donnons du pouvoir. Tout comme nous donnons du pouvoir à la situation, l’événement non avéré, dans l’instant, consciemment ou inconsciemment. 

Or, il n’y a pas d’être supérieur et inférieur, mais simplement des individus uniques avec leurs faiblesses et leurs forces en interaction les uns avec les autres. Si une personne porte un jugement, ce jugement n’est pas contre nous, mais un jugement qui appartient à celle-ci, en fonction de sa personnalité, son vécu. Donner pouvoir à un jugement, c’est s’encombrer de quelque chose qui ne nous appartient pas. L’essentiel n’est pas le jugement de l’autre, mais plutôt d’être en accord avec notre ressenti, nos valeurs et besoins, nos pensées, nos paroles et nos actes. 

Une des plus grandes peurs de l’être humain est de ne plus être aimée. Plus cette peur est présente, moins notre attention est orientée vers ce qui est important pour nous, nos besoins, nos valeurs, les attentions qui nous entourent. Notre soif d’amour peut occulter l’amour de nous-même. Or l’amour de nous-même est la clé pour aimer l’autre, se rappeler que le besoin d’être aimé à tout prix empêche l’amour d’exister par la pression, l’exigence que nous imposons à autrui pour combler nos manques. Accueillir ses «manques », permet de les transformer positivement pour s’aimer, renforcer l’estime et la confiance en soi, partager ses besoins et valeurs, pour sans jugement vis-à-vis de soi et d’autrui, accueillir l’autre, sans jugement avec ses imperfections et ses perfections. Nous ne pouvons demander à personne de nous aimer, cela lui appartient, le seul pouvoir que nous avons est de nous aimer et d’aimer chacun dans le respect de son individualité. 

La peur de blesser l’autre est fonction de notre propre perception que nous projetons sur autrui. Les non-dits peuvent autant blesser que d’exprimer son ressenti, ses besoins, ses valeurs. Par peur de blesser l’autre, nous pouvons nous blesser nous-même. S’écouter, être écouté, écouter nos interlocuteurs est la clé de la bienveillance, du respect de chacun d’entre nous. Nous ne sommes pas nés pour être tous d’accord, nous sommes des êtres uniques. Nos différences sont aussi nos richesses. Le seul moyen de ne pas se blesser, blesser autrui est d’oser s’exprimer et si malgré tout une personne est blessée, s’excuser, la comprendre et se rappeler que comme dans toute relation, cela lui appartient. L’essentiel est de ne pas nous blesser nous-même. 

La peur de ne pas être à la hauteur. Par rapport à qui, par rapport à quoi ? Aucun être n’est supérieur ou inférieur à un autre. Nous sommes tous uniques, avec nos propres ressources, nos potentiels. Face à une situation, un événement, les peurs sont en lien avec des impressions, des suppositions. Oser est la preuve que nous sommes en vie. Si le résultat ne nous convient pas, il est une opportunité pour bien nous connaître, transformer nos expériences en opportunité d’évolution. 

La peur du manque est celle qui est parfois le plus fortement ressenti, elle fait écho à la peur de ne pas subvenir à nos besoins vitaux (se nourrir, avoir un toit...). Elle fait également résonance au vécu de nos grands-parents, arrière grands-parents qui ont connu la guerre et parfois la difficulté de se nourrir. Cela se manifeste dans notre vie, par le besoin d’avoir des réserves, la difficulté à se séparer de ce qui ne nous est pas ou plus utile. Prendre conscience que nous ne sommes pas nos aïeux, que le contexte, notre environnement est différent. Aujourd’hui, nombre d’entre nous a plus de ressources que ses besoins pour se nourrir, avoir un toit. Cela se constate par tout ce que nous possédons, les activités que nous réalisons, les vacances… Face à la peur de ne pouvoir nous nourrir dans l’avenir, penser à notre dernier repas, à ce qui était présent dans notre assiette. Face à la peur de ne pouvoir nous loger, penser au foyer que nous occupons, maintenant. Nos peurs de ne plus subvenir à nos besoins vitaux, à ceux qui nous sont proches font écho à un passé qui n’est plus et à un supposé avenir dont nous n’avons aucune certitude. Seul l’instant présent est. Face à la peur du manque, pour notre présent, notre avenir, revenir à l’instant présent, regarder autour de nous ce qui nous entoure et remercier pour ce qui est. Plus nous pensons abondance et gratitude, plus nous la conscientisons, dans notre vie, matériellement, mais également intérieurement, en développant notre capacité d’appréciation, source de satisfaction, d’estime et de de confiance en soi, source d’enthousiasme. 

Si nous prenons conscience, accueillons que finalement, notre plus grande peur est peut-être la peur de nous-même, de notre capacité à oser et à croire en nos potentiels, nos réussites, nous pouvons ainsi nous désencombrer, progressivement, de nos peurs, pour avancer et œuvrer, dans l’instant présent, en toute sécurité dans notre vie.

Virginie, Coach de vie, membre du réseau Pozego.