Compliments et estime de soi

Les compliments contribuent à l’estime de soi, et ce, dès la petite enfance. Les compliments doivent, toutefois, nous permettre et permettre à l’enfant de nous sentir apprécié, d’avoir confiance en nous, sans pourtant autant attendre l’approbation des autres.


Certains compliments peuvent être un moyen de manipulation. Les compliments doivent être sincères, c’est-à-dire non excessifs ou exprimés avec moquerie, sans comparaison avec autrui, car derrière un compliment, il y a une forme de jugement.

Complimenter doit se faire au-delà du face à face. Nous ne pouvons complimenter une personne et la dénigrer par la suite. Adulte comme enfant, s’entendre critiquer, dévaloriser à l’extérieur est perturbant, engendre perte des repères, génère manque de confiance et dualité entre ce qui a préalablement été entendu et ce qu’on entend.

Complimenter c’est être sincère, dans ses pensées, paroles actes.

Complimenter c’est être juste. Les compliments à outrance perdent leur crédibilité, peuvent être source d’insécurité pour l’adulte et plus particulièrement l’enfant, par la pression, le stress qu’ils engendrent, le sentiment de ne plus avoir besoin de nous mettre en mouvement, de ne pas oser exprimer nos besoins, par peur de décevoir, blesser, occulter que tout passe par nous, que nous sommes Responsable/Acteur de nos réussites par notre mise en action, notre attitude.

Les compliments ne doivent pas être source de récompense systématique. Adulte comme enfant, la récompense doit être notre satisfaction intérieure, avec humilité.

Nous sommes des êtres uniques, ce qui apparaît comme un compliment pour celui qui l’exprime peut susciter un mal-être, un doute pour celui qui le reçoit.

Un compliment exprimé avec une phrase, comme :

Venant de toi, cela ne me surprend pas

comme d’habitude, tu as réussi

enfin tu as réussi

minimise le compliment et ne répond pas au besoin de reconnaissance de l’adulte, de l’enfant.

La reconnaissance, c’est l’observation de ce qui a été, est, sa description avec valorisation, sans comparaison. L’observation confirme que nous avons porté intérêt la personne, à son attitude, son action.

Pour valoriser le compliment, source de reconnaissance, il est salutaire de décrire ce que nous avons vu constaté, sans jugement, sans comparaison, en commençant nos phrases par :

J’ai vu que tu… Je vois que tu…

Adulte comme enfant, nous pouvons ainsi ressentir que nous sommes appréciés par la perception des points positifs de notre attitude, notre action.

L’objectif d’un compliment n’est pas que nous soyons fier pour autrui, y compris pour notre enfant, mais que l’intéressé(e), l’enfant soit heureux, dans la reconnaissance de ce qui est, lui par rapport à lui pour asseoir, dans la pérennité, son estime de soi.

Il est souhaitable ainsi de remplacer le :

Je suis « fier » de toi, par tu peux être fier de toi

Dans le descriptif de l’événement, l’attitude, modifier notre formulation :

Tu as été/es courageux, tu as/es persévérant, car c’est ce que nous appelons le courage, la persévérance.

Nommer les capacités et complimenter sur l’effort permet à l’adulte, comme l’enfant de conscientiser ses ressources, potentiels, de nous les rappeler ultérieurement, pour oser entreprendre, s’ouvrir à de nouvelles expériences. Se rappeler que comme nous avons déjà été capable (lister ses réussites), nous avons un potentiel à réussir.

Avec la possibilité de compléter, c’est le fruit de ton travail, ton attitude… tout en mentionnant le fait que nous avons eu plaisir, avons été ému, avons aimé. C’est mettre en conscience que nous sommes Acteur/Responsable de notre vie.

Le plus important pour l’estime de soi n’est pas seulement que Parents, entourage soient fiers ou contents de nous, l’estime de soi c’est soi par rapport à soi. Nous nous devons d’être «fiers de nos réussites » plutôt que d’être fiers d'être fiers de nous.

Complimenter ne signifie pas de ne pas aborder les points perçus comme un échec, une absence de réussite, une attitude inadéquate, mais lorsque la reconnaissance, la valorisation des points positifs sont mis, en premier, en avant, adulte comme enfant, nous sommes plus aptes à être dans l’écoute, être attentifs sur des pistes d’amélioration proposées, suggérées.

La perfection n’existe pas. Accepter nos erreurs, adulte comme enfant, permet d’éviter les reproches vis-à-vis de nous, source de mésestime, freins à nos réussites pour être respectueux et bienveillants, vis-à-vis de nous.

Adulte comme enfant, nous pouvons ainsi vivre nos expériences, comme des apprentissages, avec la motivation et l’enthousiasme pour nous améliorer, transformer nos expériences en opportunité d’évolution positive, d’épanouissement personnel et professionnel.

Virginie, Coach de vie, membre du réseau Pozego.