De l'espoir pour nos filles ? Le classement des métiers les plus mixtes

Il y a quelques semaines le débat public était secoué par les échanges houleux entre partisans et détracteurs des différenciations entre femmes et hommes dans la société. Chaque camp a fait valoir son opinion, et a même parfois volontairement pris des positions extrêmes pour faire entendre sa voix dans la cacophonie ambiante. En cette journée des femmes, peut-on sortir quelque chose de positif de cet épisode ?

Le simple fait que la position des femmes dans la société soit objet de débat montre à quel point du chemin a été parcouru et malheureusement aussi à quel point il reste à en parcourir…

L’égalité professionnelle fait des percées significatives : nombre croissant de femmes dans les conseils d’administration, dans les comités exécutifs des grandes entreprises ou encore parité obligatoire des listes électorales. Nul (et même nulle !) ne peut aujourd’hui ignorer qu’il existe une législation et qu’elle doit être respectée. Il nous reste cependant quelques verrous à faire sauter pour assurer une égalité réelle à nos filles et petites filles…  

D’abord, on confond trop souvent stéréotypes féminins/masculins et différenciation entre les sexes. Le débat s’est cristallisé un moment sur le bienfondé ou non des stéréotypes de genre. Dans une société comme la nôtre, entendre dire que les stéréotypes sont utiles ne devrait pas être possible. Un stéréotype est par définition du Larousse "une caractérisation symbolique et schématique d’un groupe qui s’appuie sur des attentes et des jugements de routine"… en aucun cas sur des vérités scientifiques comme on voudrait nous le faire croire.


























Faire en sorte qu’une petite fille puisse choisir en toute conscience parmi les mêmes métiers qu’un petit garçon, sans être freinée par des représentations d’un autre âge (les filles sont infirmières et les garçons sont policiers) me semble relever d’une mission de service public. Cela ne veut pas dire que filles et garçons sont identiques, cela veut dire qu’ils sont égaux. Mais pour cela, il faut également que les institutrices et instituteurs s’occupent des enfants de la même façon et ne consacrent pas plus de temps à interroger les petits garçons au détriment des petites filles. Cela s’apprend. Etre conscient(e) de ses propres filtres est un préalable à une société plus juste et équitable.

De la même façon dans les entreprises, circulent souvent des poncifs tels que : "je ne vais quand même pas promouvoir une femme parce qu’elle est une femme, sans tenir compte des compétences attendues". Là encore on contourne la question. En réalité,  si on n’y fait pas attention, on recrute ou on promeut quelqu’un qui nous ressemble, ou qui est directement identifiable. La plupart du temps, un homme donc, sans que cela soit fait de façon consciente… La solution de présenter des "shorts lists" mixtes permet de contourner cet état de fait, surtout si on forme les managers au plus haut niveau à être conscient(e)s de leurs propres filtres et stéréotypes.

Chacun(e) doit pouvoir croire en ses chances de réussite quel que soit son métier. Le progrès de la technique fera le reste, comme cela a déjà été le cas dans beaucoup de métiers manuels et techniques investis par les femmes, au bénéfice de tous, hommes compris.