Dites, Monsieur l'Agresseur, vous ne pourriez pas faire un petit peu plus mal ?

Elle est jeune ou âgée, Elle est jolie ou laide, qu'importe le Dieu auquel Elle s'adresse, Elle est femme et comme tout être humain, Elle doit être respectée. Alors, lorsqu'Elle est victime d'une agression, qui plus est d'une agression sexuelle, ce sont toutes les Femmes qui sont agressées. Et lorsque l'agresseur n'est pas même inquiété, Nous sommes toutes victimes. Parce qu'Elle, c'est Nous toutes.

La dérive de l'agresseur

Comme souvent, il est un proche, un voisin, quelqu'un que la famille connaît bien et qui se permet d'entrer comme un ami. Il entre doucement, pour ne pas éveiller l'attention. Il a surveillé avant. Il sait que le mari n'est pas là, parti travailler, car sa voiture n'est pas garée devant la maison. Le chien n'a pas aboyé, habitué à ce visiteur. Les enfants ne sont que légèrement surpris de cette visite et n'interrompent pas leurs jeux.
Il connaît les lieux, se dirige sans hésiter vers la chambre conjugale, où Elle se repose un moment. Il n'écoute pas lorsqu'Elle lui demande de ne pas entrer, bien au contraire, il impose sa présence, s'installe sur le lit, tire le drap, les vêtements. Elle est dénudée, sans défense, dégoûtée, frappée de stupeur devant l'inconcevable. La pensée de ses enfants et la peur du viol et de la mort lui donnent le sursaut nécessaire pour hurler et se débattre. Alors, enfin, devant ses cris, il part, mais à
regret, en rôdant longuement dans le jardin.

La dérive du procureur

Le représentant de la justice n'a vu qu'un vieux sourd grabataire, qui pourtant avait allègrement monté les escaliers quelques jours auparavant.
Le représentant de la justice a benoîtement rappelé au vieux pervers, que vraiment, ce n'était pas bien ce qu'il avait fait, allait-il bien promettre de ne plus recommencer ? Une condamnation, même symbolique, un procès, une sanction, un suivi, rien de cela n'a été infligé à l'agresseur.
Agresser sexuellement une femme sans défense à quelques mètres de ses enfants justifie t-il une punition ? Que dire, que répondre de censé aux avocats de la victime ? Rien, il ne s'est rien passé qui justifie qu'un procureur de la République sanctionne cette agression sexuelle. Le code pénal sait parfois être d'une profonde inutilité... Les vieux libidineux peuvent dormir sur leurs deux oreilles, qu'elles entendent ou pas. Mais un jour peut-être, la rumeur des femmes en colère
les réveillera de leur torpeur.


Faut-il, comme les 343 salopes de 1971, que les femmes d'aujourd'hui descendent aussi dans la rue et crient leur révolte face aux agressions dont elles sont victimes. Car ce n'est pas parce qu'Elle est vivante physiquement, qu'Elle n'a pas été blessée à mort.