La femme est-elle l'avenir de l'homme?

C'est sous ce titre audacieux que l'agence de tendances Nelly Rodi recevait ses invités à l'École du Louvre mardi 18 juin. Les équipes de l'agence ainsi que leurs prestigieux invités ont débattu tout l'après-midi autour de ce thème pour dresser le portrait des ces nouvelles énergies féminines qui font bouger les lignes et redéfinissent un monde plus transversal.


Après l'article du New-York Times qui se demande qui porte la culotte de l'économie actuelle ou le débat soulevé par le livre de la journaliste américaine Hanna Rosin qui prophétise la "Fin des hommes et le temps des Femmes", le thème de cet après-midi de réflexion tombait à point. En y associant des personnalités emblématiques des mondes du luxe, du design, de l'architecture, de la communication et des sciences, les pistes de réflexion abordées ont été à la hauteur de toutes les espérances. 



Nelly Rodi, créatrice de l'agence avait invité Odile Decq, célèbre architecte, célébrée et reconnue notamment pour le restaurant Phantom de l'Opéra Garnier, qui nous a livré sa perception de la créativité au féminin en n'opposant pas les qualités des hommes et des femmes. Selon la créatrice, leur complémentarité doit au contraire tendre vers un seul idéal : l'architecture doit permettre encore plus aux humains de se rencontrer et d'échanger pour mieux vivre... 

Vincent Grégoire, directeur art de vivre, à l'affût des dernières tendances pour l'agence, nous a présenté les nouveaux imaginaires de la féminité avec un aller simple pour 2020. Un horizon bien différent de notre quotidien puisque les valeurs féminines (de flexibilité, modularité, d'échange, partage) auront alors envahi tous les domaines de la vie quotidienne. La période de mutation profonde que nous connaissons aura donc laissé place à une société qui ne fonctionnera plus de manière pyramidale en laissant le pouvoir à une petite minorité mais en faisant participer tout le monde. Chacun contribuera à sa manière à une société plus juste et plus équilibrée. 










C'est d'ailleurs ce que confirme Joël de Rosnay, docteur es sciences et conseiller de la présidence d'universcience dans son dernier livre "Surfer la vie". Invité à participer à ce forum, il a étudié de près "le pouvoir des femmes dans la société numérique". Selon lui, elles ont un rôle crucial et apportent à la société plus de fluidité en utilisant une belle métaphore." Il faut se conduire dans la vie comme sur une planche de surf : rechercher sans cesse l'équilibre dynamique, en anticipant les risques et en cherchant  à restaurer l'équilibre". La société traditionnelle s''est bâtie sur des valeurs d'élément et de force. Aujourd'hui, la modernité pousse au lien et au flux qui viennent compléter les  valeurs plus traditionnelles. Il ne faut donc pas opposer hommes femmes mais soutenir les femmes car elles s'intéressent davantage à des sujets essentiels pour l'avenir : la santé, l'écologie ou l'éducation et ont une appétence particulière pour le numérique qu'ils ne faut pas rejeter mais dompter. En la matière, voici la devise de Joël de Rosnay "Comprendre, vouloir, aimer et construire l'avenir plutôt que le subir". 


La belle découverte de cet après-midi fut le coiffeur et bloguer beauté Frederic Birault qui s'occupe des visages de nombreuses actrices comme Mélanie, Laurent, Audrey Tautou ou Vanessa Paradis. Il a su remettre de l'émotion dans la coiffure en invitant dans son appartement les femmes pour une coupe de cheveux originale et stylée. Dans cette intimité, les tutoriels qu'il propose sur son blog Cutbyfred dépoussièrent sérieusement ce milieu avec la recherche d'un idéal plus simple , plus accessible. Loin des égéries des grandes marques, il aime coiffer toutes les femmes et transmettre en valorisant les gestes plutôt que le produit.



Enfin, une dernière invitée symbolisait  à elle seule cette volonté de faire bouger les choses en s'engageant. Il s'agit de Françoise de Montenay, Présidente du conseil de surveillance de Chanel. Après la présidence du Comité Colbert où elle s'est battue pour défendre le luxe français, elle est à la tête aujourd'hui du CEW (Cosmetic Executive Women), une association qui réunit les femmes de l'industrie de la beauté. Créée en 1986 ,elle s'associe aujourd'hui aux antennes anglaise et américaine (CEW US et CEW UK) autour des valeurs d'échanges, de partages, de convivialité et de solidarité active. Cette association qui aimerait s'agrandir encore pour pouvoir peser dans les débats publics sur les grands sujets de société (elle aide aussi les femmes à devenir des leaders) place aussi les individus les plus fragiles au coeur de ses préoccupations : l'argent récolté par l'association fournit des soins esthétiques  grâce à 29 esthéticiennes dans 25 hôpitaux à Paris en en province dans 20 pathologies différentes (sur des cinq dernières années, 180000 soins ont été prodigués à 98000 patients) et accueille pour des soins esthétiques ou ateliers olfactifs  des malades (traumatisme crânien, AVC, gériatrie, cancérologie, troubles psychiques de l'adolescence, autisme) qui en ont terriblement besoin. Une belle manière de montrer que la beauté ou plus largement les valeurs féminines contribuent à dessiner un meilleur avenir,  main dans la main avec les hommes!