Ils sont noirs ? Eux aussi ! Et ils le savent ?

Le sketch de Muriel Robin de 1990 n’a (malheureusement) pas pris une ride et constitue un bon résumé des stéréotypes les plus courants liés à la couleur de peau. Si le langage se police, en est-il de même des esprits ? Les recruteurs sont-ils bien conscients de leurs propres filtres ? Apparemment pas toujours, si on s’appuie sur les études réalisées sur les discriminations en raison de l’origine.

Les généticiens sont formels, le génome de 2 individus choisis au hasard sur la planète est identique à 99,99%, nous appartenons donc toutes et tous à une même espèce et à une seule race.  Le mot « race », quand il est utilisé dans le langage juridique et notamment dans le cadre de la loi sur la non-discrimination, porte donc à confusion, et à part les spécialistes, personne ne fait vraiment la différence entre l’appartenance réelle ou supposée à une race, une ethnie ou une nation…

 Mais ce que chacun a pu expérimenter, c’est le poids constant des stéréotypes en matière d’origine et de couleur de peau. Comme cette jeune femme noire portant un nom à particule, qui lors d’un entretien se trouve face à un recruteur visiblement étonné par sa couleur de peau et qui lui demande en préambule si elle a été adoptée… Ce comportement inacceptable ne devrait plus exister, dans la mesure où agences d’emploi, cabinets de recrutement, et fonctions RH dans les entreprises sont de plus en plus au fait de la législation et de mieux en mieux formés sur la non-discrimination.

Mais si le langage se police, en est-il de même des esprits ? Les recruteurs sont-ils bien conscients de leurs propres filtres ? Apparemment pas toujours, si on s’appuie sur les études réalisées sur les discriminations en raison de l’origine.

En matière de ressenti des discriminations, d’après l’Eurobaromètre publié en 2009, 79% des français pensaient que la discrimination sur la base de l’origine était assez ou très répandue (pour une moyenne européenne à 67%). En ce qui concerne les saisines, l’origine était en 2010 la première cause de saisine de la Halde (27%) et en 2011 du Défenseur des droits (23,5%). Et parmi les causes de saisine, l’emploi reste en tête, l’embauche bien sûr, mais aussi et surtout le déroulement de carrière…

Alors comment changer les choses ? En informant le grand public, et notamment les écoliers, comme le fait la Fondation Thuram*, qui a pour credo « on ne nait pas raciste, on le devient » et qui prône par conséquent,  que « contre le racisme, il faut éduquer ».  En formant les professionnels des ressources humaines et les managers, comme s’engagent à le faire toutes les organisations qui ont obtenu le Label diversité.

En s’assurant, dans nos entreprises, que les propos et actes à caractère racistes sont sanctionnés de façon appropriée, afin de donner à chacun(e) un environnement de travail apaisé.

* www.thuram.org