Chacun fait ce qui lui plait…de sa vie privée!
Que vous décidiez de passer toutes vos vacances dans la jungle amazonienne pour faire des stages de survie en milieu hostile ou, chaque année, au n° 12 du camping de Melun Nord, ça ne regarde que vous !
Que vous décidiez de passer toutes vos vacances dans la jungle amazonienne pour faire des stages de survie en milieu hostile ou, chaque année, au n° 12 du camping de Melun Nord, ça ne regarde que vous ! A priori les recruteurs n’ont pas à vous poser des questions personnelles de ce type, à moins que vous ne le précisiez sur votre cv.
Mais alors, attention, soyez prêts à faire le lien avec votre activité professionnelle, sinon vous risquez de prêter le flanc aux stéréotypes. Vous avez sûrement des instincts guerriers dans le premier cas (même si une telle habitude des milieux hostiles peut parfois s’avérer utile en entreprise !) et vous ne vous plaisez que dans une tâche routinière dans le second cas… chacun réagira avec sa propre perception de ce que vous mentionnez.
Alors que si vous expliquez que ces stages répétés vous ont certes permis de tester vos limites mais également vos capacités d’apprentissage (de la reconnaissance des plantes qui peuvent sauver une vie à la construction d’un abri pour la nuit), ou que ce que vous aimez dans l’emplacement n°12 c’est qu’il se trouve entouré de familles de plusieurs nationalités et que cela vous permet à moindre coût de pratiquer les 5 langues que vous connaissez pendant 3 semaines… l’opinion que se forgent les interlocuteurs est alors différente.

L’apparition des réseaux sociaux a également changé la donne, même si les syndicats professionnels des cabinets de recrutement et des agences d’emploi ainsi que le Medef et l’ANDRH* ont signé en janvier 2010 une « Charte réseaux sociaux, Internet, Vie privée et Recrutement » et ont ainsi promis « de ne pas utiliser les moteurs de recherche ni les réseaux sociaux comme outils d'enquête pour collecter des informations d'ordre personnel ». Les recruteurs sont donc tenus de respecter cette charte ; les managers aussi, même s’ils ne sont pas tous au courant ! Assurez-vous donc de ne donner accès aux photos de votre anniversaire-surprise (vous savez, celui où vous avez terminé tout arrosé dans la fontaine du village) qu’à vos proches …
Un autre écueil réside dans la chronologie des expériences : si votre CV présente des irrégularités dans vos expériences, le recruteur va certainement vous poser la question de ce que vous avez fait pendant cette période « d’inactivité », que vous sortiez de prison ou que vous ayez été sans emploi à cause d’une obligation de soins. Vous n’êtes en rien obligés de répondre, et vous pouvez enchaîner sur une expérience professionnelle qui correspond à l’offre d’emploi. Si vous choisissez de le dire, cet élément ne peut pas être pris en compte dans la sélection.
Mais on sait qu’il est déjà difficile, lorsqu’on trie les cvs, de ne pas trier sur la dernière rubrique « loisirs » (j’ai été scout, j’apprécie que le candidat le mentionne, je ne l’ai pas été, je projette mes stéréotypes sur la candidature). Quand on fait passer un entretien il est quasiment impossible de ne pas considérer l’aspect personnel des candidats. Mais il faut garder en tête une limite essentielle : c’est aux candidats de choisir les éléments de leur vie privée qu’ils souhaitent mettre en avant et ces éléments ne peuvent pas être déterminants dans le choix final.
*ANDRH : Association Nationale des Directrices et Directeurs de Ressources Humaines