J’apprends à être en paix avec moi – 2e partie

Comment être en harmonie avec soi-même ? Chantal Rialland continue de nous en parler…

C’est en grandissant que "les choses" se sont gâtées et que vous avez commencé à vous critiquer et à douter de vous. Vos parents ont fait du mieux qu’ils ont pu. Mais, la plupart du temps, ils ne vous ont pas donné confiance en vous. Généralement, ils n’avaient pas eux-mêmes confiance en eux, et encore moins en la vie. En cela, ils reproduisaient l’influence de leur propre enfance et adolescence. Votre mère, votre père, se sont généralement fait beaucoup de soucis à votre sujet, ce qui n’a guère été sécurisant pour vous. Ils avaient peur de rater leur éducation, que vous "tourniez mal", que vous ne réussissiez pas dans la vie. Ils vous ont fait beaucoup de reproches, dans l’espoir que vous donniez le meilleur de vous-même. Ils voulaient que vous soyez bien élevée et que vous travailliez bien en classe.
Beaucoup d’éducations ont été fort rigides, "mettant la barre très haut". C’est alors que s’est constitué, peu à peu, ce fameux "bourreau intérieur" qui vous empêche d’être vous-même. Vous n’étiez jamais félicitée. Il fallait toujours faire mieux, toujours faire plus, rien n’était jamais assez : "Ne te repose pas sur tes lauriers", "Il faut toujours se donner beaucoup de mal", "C’est le travail acharné qui fait la réussite".
L’école n’a, souvent, rien arrangé. Si vous ratiez un devoir ou une interrogation, c’était que vous étiez incapable d’attention, ou plein de paresse, ou stupide. Bref, "vous ne faisiez pas le poids". Vous avez appris à vous angoisser à propos de vos résultats scolaires et de vos examens. Vous avez appris également à vous comparer aux autres, à travers les notes et les classements respectifs. Vous avez parfois essuyé des moqueries ou des réflexions acerbes de vos camarades.           
Enfin, la culture judéo-chrétienne, mal comprise, a souvent eu des conséquences fâcheuses: "Ne te mets pas en avant", "Sois modeste", "Sois humble", "Laisse les autres parler", "Ne sois pas prétentieuse", "Tu te prends pour qui ?"
Stop !!! Au lieu de vous maltraiter, appelez-vous intérieurement "ma chérie" ou tout autre mot doux à votre convenance. Cela vous fait sourire ? Essayez dès aujourd’hui. Vous verrez, très rapidement, que c’est radical pour commencer à vous aimer. Donnez-vous de la gentillesse et de l’affection. Sachez rire de vous-même avec tendresse au lieu de vous juger avec sévérité.
Soyez vigilante à chaque fois que vous vous critiquez. Comme pour vos pensées et vos affects négatifs, vous n’êtes pas obligé" de cultiver cette habitude pernicieuse. Vous pouvez très bien vous dire : "Cela me reprend, j’arrête", "Cela suffit, je me fais confiance maintenant", "La Vie m’aide dès aujourd’hui à réaliser ce que je souhaite".
Il est également très utile d’apprendre à vous féliciter. C’est une excellente habitude, le soir, de vous remercier d’être vous-même et d’avoir accompli tout ce que vous avez réalisé, même si vous vous êtes accordé, enfin, du repos. Cela vous permettra, aussi, de savoir féliciter les autres et reconnaître leurs qualités. Contrairement à ce que l’on vous a enseigné, il n’y a pas de meilleur moyen pour faire se dépasser un enfant ou un adulte que de le féliciter… La satisfaction d’être reconnue donne immédiatement confiance en soi et suscite une envie naturelle de progresser.