Egalité entre les femmes et les hommes : les entreprises doivent montrer la voie

Dans le concert des nations, la France se situe à une peu glorieuse 48ème place en matière d’égalité femmes/hommes. Derrière la Jamaïque mais devant le Kazakhstan. Ce constat, établi en 2011 par le Forum économique mondial, sonne comme un cruel rappel.


Pour faire tomber la frontière des discriminations, le groupe Randstad France a choisi le rire et a mis en scène, grâce au talent d’Antoine Chéreau, une campagne qui ne peut laisser indifférent.

En politique comme au travail, les femmes demeurent devancées par les hommes. Deux chiffres témoignent du chemin qui reste à parcourir : la nouvelle Assemblée Nationale compte seulement 26,9% de femmes dans ses rangs et les femmes gagnent toujours environ 20% de moins que les hommes alors qu’elles sont plus diplômées.      

Pourtant, nombreux sont les progrès depuis que les Françaises ont obtenu le droit de vote en 1944. Les sept décennies d’émancipation féminine qui s’en sont suivies ont été marquées par une série de lois emblématiques. Pour ne citer que les plus connues : la loi Neuwirth en 1967 autorisant la contraception, la loi Veil de 1975 dépénalisant l’avortement ou encore, en 1983, la loi Roudy établissant l’égalité professionnelle femmes / hommes.

Vers des quotas à la française en Europe

Une autre loi a valu à la France les honneurs de la Commission européenne : la loi Copé-Zimmermann, qui impose un quota de 20 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées. Depuis sa promulgation en janvier 2011, ce chiffre a presque doublé, pour atteindre 21 %.

Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission, en charge de la Justice, a salué cette réussite et souhaite désormais s’inspirer des quotas « à la française » pour transformer le visage encore très masculin des instances dirigeantes des entreprises européennes.

Les labels, un mode d’emploi efficace

Pour autant, la présence des femmes dans les comités de direction et le management supérieur des entreprises reste insuffisante. Or l’entreprise est l’un des lieux privilégiés pour déployer des pratiques qui traduisent dans les faits une conviction partagée : l’égalité des droits entre femmes et hommes.

Les entreprises françaises peuvent s’appuyer sur le label Egalité professionnelle créé en 2004 et le compléter, à l’international, par la certification GEES (Gender Equality European Standard) créé en 2011 par le fonds de dotation Arborus. Pour les obtenir, l’entreprise doit suivre un cahier des charges exigeant qui détaille la marche à suivre pour mettre en œuvre une politique égalité efficace et partagée avec les représentants du personnel.  

Le succès d’une telle politique repose sur l’engagement sans faille des dirigeants et la formation du management pour développer une tolérance zéro face aux stéréotypes qui ont encore la vie dure. Parmi les process RH intéressants, la Revue des Talents porte un regard collégial sur l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs ; un exercice qui casse la traditionnelle toute puissance de la ligne hiérarchique directe et qui oblige à plus de créativité dans le repérage des hauts potentiels.

Enfin, la sensibilisation permet de prendre conscience de ses propres stéréotypes est essentielle dans la diffusion d’une culture commune favorisant le respect et l’égalité professionnelle F/H.