Contre l'hypersexualisation, un combat pour l'égalité

Mon étude de l'hypersexualisation des enfants montre, fort heureusement, que la France n'est pas encore confrontée à ce raz de marée. Et pourtant, la vague qui touche le Canada, les Etats-Unis ou encore le Royaume-Uni ne nous évitera pas.

Toute notre société reprend les codes de l'hypersexualisation, et notamment de la pornographie dont elle affiche les symboles sur nos murs, nos écrans et nos journaux. Dès le plus jeune âge, les stéréotypes ringards des filles factices et des garçons puissants réapparaissent. Avant la puberté, la publicité assomme nos enfants de messages pour leur expliquer qu'ils sont "pré-adolescents" et que leur "avance" légitime leur volonté de se comporter comme des adolescents.


Rien n'est anodin. Les psychologues sont inquiets pour nos enfants dont la volonté de séduction est contraire à la bonne construction de leur identité et de leur intelligence. Anorexie mentale, conduites à risque, naufrage de l'intrusion trop précoce de la sexualité, inciter nos enfants à se transformer en mini adultes n'a rien d'un jeu lorsque cela devient la norme. Une norme qui banalise ensuite à l'adolescence la pornographie. Aucune société n'a progressé dans l'infraction des âges.


Il est possible d'agir car nous ne sommes pas encore dans l'urgence. Nous pouvons informer les parents des risques de l'hypersexualisation pour qu'ils sachent dire "non" à leurs enfants. Nous pouvons inciter les enfants à porter un regard critique sur l'image et la consommation afin de créer une contre culture. Nous pouvons dire non à l'exploitation des images hypersexualisées des enfants : non à l'esprit des concours de mini Miss, non aux enfants égéries de marque. N'ayons pas peur de dire non aux puissants messages du marketing. Nous pouvons responsabiliser les médias comme les entreprises en leur demandant de rendre des comptes publics directement devant les parents. Nous pouvons établir une "charte de l'enfant" pour accompagner le juge comme nous avons une charte de l'environnement. Pas d'affichage budgétaire, pas de logorrhée administrative, simplement un peu de bon sens et de confiance dans les parents. 


L'enjeu du combat contre l'hypersexualisation est un enjeu individuel pour les parents, et un enjeu collectif pour une société qui ne veut pas voir l'égalité s'effondrer chez les générations futures.