Hypersexualisation, phénomène de mode ou lame de fond?

L’hypersexualisation a été identifiée comme problème avec le scandale de la couverture des Rolling Stones présentant Britney Spears en femme-enfant hyper érotique tenant dans ses bras un Teletubbies.


Strings et soutiens-gorges ampliformes pour petites filles, chaussures à talons et maquillage pour fillettes, spas "mère-fille", sont apparus dans les pays anglo-saxons avant de franchir nos frontières. Aux Etats Unis, l’association de chirurgie esthétique estime que plus de 200 000 jeunes de moins de 18 ans ont recours à la chirurgie esthétique principalement pour des injections de Botox ou des implants mammaires.

Tous les entretiens menés lors de ma mission ou les quelques rapports disponibles semblent indiquer que nous ne sommes pas face à un raz-de-marée en France. Il y a un véritable consensus social, un consensus de l’ensemble des "référents" de nos enfants – ce que Boris Cyrulnick appelle le "village social" - pour condamner les tenues et postures hypersexualisées des petites filles.

Pour autant, les pressions sont bien réelles. Le marché des "enfants" est clairement identifié comme cible marketing surfant sur le double ressort des parents qui "jouent à la poupée" et des enfants qui souhaitent vieillir plus vite... quelle étrange idée !

Plus encore, le clivage des rôles entre les garçons et les filles dans les tenues, les jouets, la presse pour fillette – qui est ré-apparue dans les années quatre-vingt-dix – ou encore les dessins animés, apparaît plus marqué que jamais. Tous les spécialistes de l’enfance s’accordent à reconnaître que nous sommes en train de réintroduire une différenciation sociale très forte entre les garçons et les filles, qui prédispose ces dernières à se réaliser par l’apparence.

L’hypersexualisation est clairement un problème de société, celui du recul de l’égalité entre les sexes.