Les Parisiennes, enfin autorisées à porter des pantalons

Parisiennes, autorisées à porter des pantalons Vous ne le saviez peut-être pas, mais jusqu'à la fin du mois dernier, les habitantes de la capitale n'avaient pas le droit de porter slims, jeans ou treillis sans contrevenir à la loi. Quel falzar !

Histoire de fesses et de tissus. Poids de siècles d'oppression. Image surannée des beaux vêtements du patriarcat... Le 31 janvier 2013, le ministère des Droits des Femmes a abrogé le texte qui faisait encourir l'emprisonnement aux femmes froquées. Cette interdiction remontait à la Révolution française, plus précisément à une ordonnance du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800), signée par le préfet de police Dubois qui avait réagit ainsi afin que les citoyennes cessent de se travestir.
Car Jacobines et Amazones tentèrent de s'émanciper à travers le port de la culotte longue. Resquilleuse de la première heure, Théroigne de Méricourt fut dénudée et fouettée. Olympe de Gouge, féministe pro-égalité des sexes (habillée à l'avenant), fut guillotinée en 1793. De quoi refroidir fashionistas avant-gardistes et autres intrépides...
Le sénateur (UMP) Alain Houpert s'était ému, via une question écrite au ministère en juillet dernier, que soit "toujours en vigueur" un texte stipulant que "toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l'autorisation.
"Cette interdiction a été partiellement levée par deux circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval",
rappelait l'élu de Côte d'Or, en demandant au gouvernement s'il envisageait de l'abroger.

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Les Parisiennes, enfin autorisées à porter des pantalons ©  lynea - Fotolia.com
Totalement désuètes,"ces restrictions sont aussi incompatible avec les principes inscrits dans la Constitution", rappelle le ministère dans une réponse publiée en fin de semaine dernière et disponible sur le site www.senat.fr.

"De cette incompatibilité découle l'abrogation implicite de l'ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu'une pièce d'archives conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris", dit encore le texte du ministère. A l'origine, "cette ordonnance visait avant tout à limiter l'accès des femmes à certaines fonctions ou métiers en les empêchant de se parer à l'image des hommes", explique-t-il encore.
Et pour vous, pour fêter ça, ce sera boot-cut, sarouel, pattes d'eph, fuseau ou pyjama ?
 

 

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