Le sexisme ordinaire a trouvé un adversaire à sa taille : la campagne de sensibilisation à l'égalité hommes-femmes.
© Paul Goirand De hautes aspirations... Un homme en train de méditer, trône sur son aspirateur. Le penseur de Rodin version "Hoover" a tout le temps de s'introspecter : "80 % de l'activité domestique repose sur les femmes", peut on lire sur l'affiche. Et que penser de ce patron qui s'assoit (au sens propre, mais goujat) sur son employée ? Ou de cette jolie cadre, qui, à fonction égale, gagne moins que son confrère et siège un cran plus bas ? Métro, boulot, mais aussi courses, cuisine, ménage, et éducation des enfants : le sexe dit "faible" serait en fait "invisible", capable de réaliser une double journée, sans la moindre reconnaissance, et pire, subirait un traitement de défaveur. Face à cette réalité intolérable, le Laboratoire de l'Egalité, en collaboration avec Mediaprism, a décidé de communiquer.Provocante, impertinente, intelligente, la campagne multimédia lancée ce jour se déroulera jusqu'à la date symbolique du 8 mars. Drôle et accessible aussi, elle se déclinera par voie d'affichage publicitaire et dans un film diffusé à la télé, au cinéma et sur Internet. Alors que selon une enquête réalisée par Mediaprism, sept personnes sur dix souhaitent que la parité soit au cœur du débat présidentiel, le Laboratoire de l'Egalité entend mettre ce combat au programme des élections de 2012. Un "pacte pour l'égalité" a ainsi été présenté à tous les candidats. Rémunérations, statuts, conditions de travail, partage des tâches et des responsabilités, stéréotypes... ce pacte comporte vingt propositions structurées autour de quatre grandes problématiques : la féminisation du pouvoir et l'égal accès à tous les niveaux de responsabilité, l'égalité salariale, l'implication des hommes pour mieux concilier vie professionnelle et familiale, et enfin la lutte contre les stéréotypes sexistes. Le texte prévoit notamment de réserver le financement public aux partis politiques qui présentent 50% de "candidates" et d'allonger le congé paternité. Il a déjà été signé par Eva Joly et Corinne Lepage.