8 mars : pourquoi cette journée pour les droits des femmes est spéciale ?

La journée internationale des droits des femmes a une saveur particulière en 2018, alors que les violences sexistes sont enfin sorties de l'ombre. Le gouvernement et les institutions officielles communiquent, s'engagent, agissent pour que les femmes soient considérées à égales avec les hommes plus d'un jour par an.

8 mars : pourquoi cette journée pour les droits des femmes est spéciale ?
©  Silvia Izquierdo/AP/SIPA

Tous les 365 jours, la question se pose. Pourquoi une journée de lutte pour les droits des femmes ? Parce que le 8 mars, c'est l'occasion d'appuyer encore plus fort là où ça fait mal, d'informer, de mener à bien des projets, de lancer de grandes actions. Si certains malins en profitent pour proposer des offres exceptionnelles destinées aux "reines du jour", le but premier est de pointer un projecteur plus puissant qu'habituellement sur le combat pour l'égalité. En 2018, ce jour spécial a une saveur particulière alors que 2017 a été charnière pour la visibilité des violences sexistes et sexuelles. Avec l'affaire Weinstein, le combat de Flavie Flament et la forte médiatisation de Marlène Schiappa, personne ne peut prétendre ignorer l'affreuse réalité du harcèlement, des agressions ou des viols. Emmanuel Macron a même décidé de faire de l'égalité des genres la grande cause du quinquennat. Si pour les féministes (et le Journal des Femmes), le combat dure toute l'année, on ne peut que féliciter les initiatives autour du 8 mars.

L'heure du constat...

Le 7 mars s'achève le Tour de France de l'Egalité, action participative menée par les équipes du secrétariat d'Etat de Marlène Schiappa. Cette vaste consultation citoyenne vise à mieux comprendre ce que vivent les Françaises et à identifier quelles directions devra prendre le gouvernement pour ses futures actions. Le temps du bilan en quelque sorte.

Sur le site 8mars15h40, on s'intéresse aux violences au travail. Tous les internautes sont invités à répondre à un questionnaire afin d'alerter les politiques et de lister des mesures concrètes contre ce fléau. Du côté de l'Assemblée nationale, la délégation aux droits des femmes organise un colloque au sein de l'Hémicycle pour débattre du sexisme. Les députés de LREM se sont aussi engagés, pour les questions au gouvernement du 7 mars, pour axer leurs interrogations uniquement autour de cette thématique. Le message est clair.

... et de l'action

A la veille de la journée dédiée aux droits des femmes, Marlène Schiappa discutera également de son projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles en conseil des ministres. Ce projet a pour objectif d'aboutir à l'allongement du délai de prescription pour les mineurs victimes de viol, à la mise en place d'un âge légal de consentement à 15 ans et à la pénalisation du harcèlement de rue. En lien avec ce dernier point, la RATP a dévoilé une nouvelle campagne de prévention pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les transports. Comme une piqûre de rappel, alors que 100% des femmes ont déjà été victimes de prédateurs sur leur trajet.

La RATP n'est pas la seule institution à vouloir rendre la société moins agressive. Le CSA a profité de cette période propice aux engagements pour présenter une charte contre les clichés dans la pub. Le but ? "Rééquilibrer progressivement les rôles et l'image alloués aux hommes et aux femmes dans la publicité." Plusieurs marques, régies et agences publicitaires ont adhéré à ce programme.

Abonnement (à l'égalité) sans engagement

Alors que le 8 mars permet de condenser des actions en faveur de l'égalité, d'autres projets sont toujours en cours pour éradiquer le sexisme de notre société et crier notre ras-le-bol. Les nombreuses associations dédiées aux droits des femmes n'arrêtent jamais le combat. Le tout frais mouvement #maintenantonagit, Time's Up à la française largement promu pendant les César, compte lever des fonds pour les aider. La ministre de la culture Françoise Nyssen a lancé un plan sur quatre ans en février pour tendre vers la parité dans ce milieu gangrené par le patriarcat. Elle compte mettre en place des quotas ou encore féminiser les programmations.

Et sinon, il existe toujours des livres, documentaires, newsletters, groupes Facebook, femmes influentes à suivre... pour s'informer, agir et se rappeler que le féminisme, c'est partout, tout le temps.

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