Bad buzz 2017 : le sexisme au cœur des scandales

La plateforme de veille des réseaux sociaux Visibrain présente un panorama des bad buzz de 2017. Si les inégalités ont fait réagir le grand public, c'est surtout le sexisme qui a fait parler de lui.

Bad buzz 2017 : le sexisme au cœur des scandales
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L'affaire Weinstein a défrayé la chronique en 2017. Dans sa lignée a été créé le hashtag #balancetonporc afin d'inciter les femmes victimes d'harcèlement sexuel à témoigner. Ce mouvement, créé par la journaliste Sandra Muller, a déclenché pas moins de 725.932 tweets entre le 13 octobre 2017, date de sa création, et la fin de l'année. Un chiffre qui témoigne de la libération de la parole sur les réseaux sociaux et de la volonté des internautes de dénoncer les inégalités entre hommes et femmes. C'est d'ailleurs ce que démontre l'enquête sur les bad buzz menée par Visibrain et Nicolas Vanderbiest. Depuis 2014, la plateforme de veille des réseaux sociaux et le chercheur en stratégie d'influence recensent toutes les crises qui déclenchent critiques et indignation sur Internet. Et en 2017, c'est le féminisme qui a fait parler de lui.

Le sexisme, créateur de bad buzz

Le sexisme a fait l'objet d'une mobilisation particulièrement virulente cette année en étant à l'origine de 23% des bad buzz, contre 20% en 2016. Cette lutte sans précédent pour l'égalité s'est notamment exprimée sur Twitter, où le déchaînement de colère à l'encontre des messages discriminants s'est intensifiée. Des retouches de Claudia Cardinale sur l'affiche du Festival de Cannes, au sac de courses Auchan au message sexiste, en passant par les cinémas belges Kinepolis distribuant des produits ménagers lors de la projection de Wonder Woman, les événements déclencheurs ont été nombreux et ont amorcé une rébellion bienvenue.

L'enquête dévoile que 70% de ces crises émanent de communications douteuses lancées par des sociétés qui utilisent le sexisme comme un levier de vente. Parmi les exemples les plus frappants de 2017 : la pub d'Yves Saint Laurent mettant en scène une femme en talons aiguilles, les jambes écartées, ou le slogan d'une boite de nuit niçoise, "Plus c'est court, plus ça rapporte", incitant les filles à porter des mini-jupes afin de profiter de prix réduits sur les boissons. Ces images et messages dégradants, voire humiliants pour la femme, ont provoqué de vives réactions et s'inscrivent bien dans la volonté de dénoncer les marques aux discours sexistes. 

Lutte contre les inégalités

De manière plus générale, le grand public a mené une véritable guerre contre les injustices en 2017, puisque 4 crises sur 10 ont éclaté dans le but de combattre les inégalités entre les individus, selon l'enquête de Visibrain. La séquence homophobe de TPMP, durant laquelle le présentateur Cyril Hanouna avait piégé plusieurs personnes homosexuelles au cours d'une radio-libre, a ainsi entraîné la publication de 500.000 messages en une semaine, entraînant certains des sponsors de l'émission à partir. Des bad buzz qui font réagir, mais qui, on l'espère, permettront à long terme d'agir sur une tendance visant à utiliser le sexisme dans un but commercial et agir sur les mentalités.

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