Mère Teresa : toute une vie à donner aux autres

Mère Teresa a marqué l'histoire en dédiant sa vie au secours des pauvres, des malades et des orphelins. Jack Preger, le médecin des rues de Calcutta, a croisé son chemin plus d'une fois. Retour sur la vie de la "Sainte des caniveaux", à l'occasion de la sortie en salles de "Docteur Jack", le 8 novembre.

"Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux." Telle était la philosophie de vie de Mère Teresa. La religieuse et missionnaire en Inde a été canonisée en septembre 2016, mais pour beaucoup, nul besoin de formalités pour l'affirmer : Mère Teresa était une Sainte.

Agnes Gonxha Bojaxhiu naît le 26 août 1910, dans une famille très pieuse, à Skopje, en Albanie. À 18 ans, elle met de côté son existence "ordinaire" pour embrasser une vie empreinte de spiritualité et entrer dans la Congrégation des sœurs de Notre-Dame de Lorette, à Dublin. Pour souligner ce changement, elle se fait appeler Teresa, en hommage à Thérèse de Lisieux, l'une des plus grandes Saintes du XIXe siècle.

"Un ordre, un devoir, une certitude"

L'année suivante, elle est envoyée à Calcutta, en Inde. Elle y enseigne la géographie et le catéchisme dans une école pour jeunes filles. Bien loin de son surnom, la Cité de la Joie, la ville abonde de bidonvilles et la misère est omniprésente. Bouleversée par la pauvreté ambiante, la religieuse décide d'offrir son aide à ceux qui sont dans le besoin. Elle revêt un sari blanc, pour symboliser la pureté, orné de trois lisières azur qui font référence aux trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance.

La pieuse n'a qu'une formation élémentaire pour soigner les malades, mais elle est décidée à leur tendre la main. "Je devais sortir du couvent et aider les plus pauvres d'entre les pauvres en vivant avec eux. C'était un ordre, un devoir, une certitude", écrit-elle à propos de ce jour de septembre 1946 où elle entend la voix de Jésus qui l'exhorte à faire de la charité sa vocation.

Dès lors, Mère Teresa donne des leçons aux enfants dans la rue, distribue des savons, soigne les mourants. En 1950, elle fonde les Missionnaires de la charité et met en place des dispensaires, des écoles et des orphelinats. Une bonne sœur, mais aussi pour beaucoup, une grande sœur, une petite sœur. Plus que donner la charité, apporter de la chaleur et guérir les blessures, elle souhaite sauver les âmes. Le docteur Jack Preger, qui œuvre avec Mère Teresa pendant quelque temps, quitte les Missionnaires de la Charité peu après, gêné par la dimension de prosélytisme qui accompagne ses soins. 

Paix et contestations

En 1979, Mère Teresa est récompensée du Prix Nobel de la Paix. À l'époque, elle est la sixième femme à recevoir la distinction depuis la création du Prix, en 1901. Aussitôt, le Président Carter la félicite par télégramme : "Votre travail a été une grande inspiration pour tous ceux d'entre nous qui ont chéri et épousé la cause des droits de l'Homme."

Si la femme au sari blanc est largement appréciée pour son dévouement et son altruisme, des voix s'élèvent pour fustiger ses positions jugées réactionnaires. Certaines de ses paroles sont contestées. "Si une mère peut tuer son propre enfant, que reste-t-il aux autres ? Que pouvons-nous faire ? L'avortement est le plus grand destructeur de la paix aujourd'hui", déclare-t-elle à Noël Mamère au Journal télévisé, en 1985. 

Preuve supplémentaire, s'il en faut, que la religieuse n'a pas peur des mots, elle n'hésite pas à interpeller le pape Jean-Paul II, lors de sa visite à Calcutta : "Très Saint-Père, vous savez ce qui serait gentil ? Ce serait de donner aux pauvres, à mon peuple, la moitié seulement des richesses du Vatican ! "

La "sainte des bidonvilles" s'éteint le 5 septembre 1997. Plus de vingt ans après sa mort, beaucoup diront que son œuvre ne disparaîtra jamais. Jean-Paul II, qui lui vouait une sincère estime, la béatifie en 2003. "Le sentiment de ne pas être aimé est la plus grande des pauvretés", disait-elle. S'il est ainsi, la vieille dame au sari blanc a quitté ce monde pleine de richesses.

Voir aussi :