L'écriture inclusive, késako ?

Le langage, la graphie, la syntaxe sont un moyen de représenter l'égalité entre les hommes et les femmes. Que pensent les Français de l'écriture inclusive, c'est à dire une langue sans stéréotype de genre ? ? Eléments de réponses avec les résultats d'un sondage Harris Interactive, réalisé pour l'agence Mots-Clés.

L'écriture inclusive, késako ?
© Ivan Kruk /123RF

L'égalité des sexes retranscrite jusque dans le choix des mots et la construction des phrases ? C'est le principe de l'écriture inclusive qui, par le biais d'une modification au niveau graphique et syntaxique, a pour objectif d'augmenter la parité entre les hommes et les femmes dans la société. Pour tenter de comprendre comment est globalement perçue l'écriture inclusive en France, l'agence Mots-Clés (à l'origine de la création du Manuel d'écriture inclusive) a commandé un sondage à Harris Interactive. Sur 1 000 Français interrogés, 41 % ont entendu parler de l'écriture inclusive. Et une majorité écrasante des personnes informées se prononce en faveur de l'initiative (avec un taux de 75 %, dont 24 % qui se disent "très favorables").

Faire évoluer les mentalités par l'écrit

Parmi les grands changements qu'apporte l'écriture inclusive, il y a les noms de fonctions, de grades, de titres ou encore de métiers, qui s'accordent en fonction du genre. Un auteur par exemple, devient une auteure au féminin. Un autre principe de cette nouvelle grammaire est de permettre aux mots qui passent au pluriel, de ne pas se réduire au masculin d'office et d'englober la notion, grâce à l'utilisation du point ou du tiret. Inspecteurs devient par exemple inspecteur.trice.s. Enfin, éviter au maximum d'utiliser les termes femmes et hommes pour se contenter de termes plus universels (comme Humain, Humanité ou Droit de la personne), fait partie des améliorations envisagées par l'écriture inclusive.

Pour ou contre ? L'avis des politiques

Le 22 septembre, Le Figaro a révélé la publication d'un manuel scolaire des Editions Hatier destiné aux classes de CE2 qui utilisait cette nouvelle grammaire qui féminise des mots initialement masculins. Un choix qui a suscité la polémique. Interrogé par RMC et BFM TV, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education, s'est positionné contre l'usage et l'enseignement de ce type d'écriture à l'école. Selon lui, cette dernière "ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire", allant même jusqu'à dire que ce serait une "façon d'abîmer notre langue".
Pour le philosophe Raphaël Enthoven, il s'agit d'une "agression de la langue par l'égalitarisme" qui "appauvrit le langage" et aboutit à "des mots illisibles . a-t-il jugé au micro d'Europe 1.

Féminisation de la vie professionnelle

Côté entreprise, en revanche, la pratique fait mouche. Le ministère du Travail a publié un guide de bonne conduite pour aider les PME à atteindre l'égalité professionnelle . Parmi les recommandations, éliminer toutes les expressions sexistes comme "Mademoiselle" et accorder les noms de métier avec le sexe de la personne (ingénieure, cheffe de service).
Fervent soutien de l'écriture inclusive depuis 2015, le HCE (Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes) applaudit des deux mains, claque stylo et tape des doigts sur le clavier.

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