L'endométriose, combat féministe et politique ?

Première cause d'infertilité, l'endométriose reste une pathologie méconnue dont les traitements demeurent encore incertains. Pour la quatrième édition de l'Endomarche, les associations féministes tentent de lever le voile sur cette maladie.

L'endométriose, combat féministe et politique ?
© ANDRIEU ARNAUD/SIPA

Sur fond de campagne présidentielle, un nouveau combat en faveur de la santé des femmes est lancé : connaître et faire reconnaître l'endométriose. Cette maladie qui impacte la vie de 10% des Françaises est la première cause d'infertilité dans l'Hexagone. Dans un effort de sensibilisation face à ce fléau exclusivement féminin, les associations françaises ont participé, le 25 mars, à la 4e édition de l'Endomarche dans les rues de la capitale française. Parmi elles, l'association Osez le féminisme a appelé à de multiples mesures afin d'ouvrir le débat sur cette maladie.

Un engagement qui prend de l'ampleur ?

La recherche médicale ne parvient ni à fournir des traitements précis contre cette pathologie ni à apporter un diagnostic rapide. Il faut ainsi en moyenne 7 ans pour diagnostiquer une endométriose ; ce qui implique d'importantes conséquences sur la santé et la fertilité des femmes qui en sont atteintes. L'infertilité et les règles douloureuses sont les principaux traits caractéristiques ; pour Osez le féminisme, ce flou médical serait dû au tabou autour des menstruations, mais aussi à "la construction sexiste de la médecine", d'après un communiqué.
Outre l'Endomarche, le collectif a pensé à d'autres mesures : "Accélérer la recherche et les essais cliniques pour mieux identifier les causes et les traitements possibles […] Intégrer le dépistage de l'endométriose à la formation des médecins pour diagnostiquer la maladie le plus tôt possible [et] Déployer des campagnes de communication de grande envergure pour que les jeunes filles et les femmes puissent reconnaître leurs éventuels symptômes."

Ainsi, la campagne "Les règles c'est naturel, pas la douleur " a été lancée. Le ministère de l'Education nationale a répondu favorablement à cette lutte en s'engageant à inclure la prévention de l'endométriose dans la formation des infirmiers scolaires. Si le futur locataire de l'Elysée est invité à s'exprimer sur ce sujet, les recommandations de la Haute Autorité de Santé sont attendues en mi-2017 et traiteront du diagnostic et de la prise en charge de la maladie par les professionnels de santé.

Lumière sur un fléau 

L'endométriose est mise en lumière depuis plusieurs années, notamment grâce à plusieurs personnalités qui se sont exprimées à son sujet. La chanteuse Imany, ambassadrice de l'association Endomind, est l'une de ces célébrités qui tentent de mettre les mots sur cette maladie, après son diagnostic à l'âge de 23 ans. En janvier, elle a pris la parole sur le plateau de On n'est pas Couché, en évoquant la naissance de son fils, à laquelle elle ne s'attendait pas : "On vous dit que c'est une maladie qui va vous empêcher d'avoir des enfants […] L'infertilité est un problème, mais ce n'est pas l'unique problème […] c'est une précarisation de la femme." En mars, c'était au tour d'Enora Malagré de raconter son calvaire dans l'émission "Allô Europe 1". La comédienne Laetitia Milot a également évoqué son combat personnel contre l'endométriose et a subi une opération afin de pouvoir combler, un jour, son rêve de maternité.  

La maladie fait également son apparition dans la campagne présidentielle. Dans une interview accordée au magazine ELLE, Emmanuel Macron estime que "la difficulté aujourd'hui réside dans le délai pour la diagnostiquer". L'ancien ministre de l'Economie propose de faire de l'endométriose "un vrai sujet de recherche médicale" avant de proposer "la création de centres d'excellence qui assurent la prise en charge pluridisciplinaire de cette pathologie, pour accélérer le diagnostic et les soins". Conscient que cette pathologie entraîne des lésions graves, l'homme politique souhaite encourager la sensibilisation des femmes, mais aussi privilégier une meilleure formation des professionnels de santé, qu'il juge "insuffisante jusqu'à présent". Les autres ne se sont pas (encore) exprimés sur la question.

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