Violences conjugales : une grève de la faim contre le "terrorisme machiste"

A Madrid, une dizaine de femmes se prive de nourriture depuis un mois en guise de protestation contre les meurtres au sein du couple. Une démarche radicale pour s'insurger contre ce qu'elles appellent le "terrorisme machiste".

Violences conjugales : une grève de la faim contre le "terrorisme machiste"
© FERNANDO ALVARADO/SIPA

C'est sur une place emblématique de Madrid que les manifestants se retrouvent ; 40 000 personnes ont manifesté le mercredi 8 mars à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes contre les violences commises par les hommes. Dans ce rassemblement colossal qui se déplace vers la Plaza de España, plusieurs femmes sont en grève de la faim afin de combattre les féminicides. Une mobilisation à l'initiative de l'association "Vois la lumière" contre les violences conjugales, qui font plusieurs dizaines de victimes chaque année. 

Le "terrorisme machiste"

Pour ces femmes aux pancartes dénonciatrices, arborant les noms et les dates de décès de femmes ayant péri sous les coups, la violence de genre est un "terrorisme machiste". Un avis que partagent de nombreuses manifestantes comme Maria Jesus Orgaz, une avocate qui s'est confiée au Monde : "Qualifier ces assassinats de terrorisme, ce n'est pas s'éloigner de la réalité. La peur […] et le sentiment chez les victimes qu'elles sont obligées à rester avec leur agresseur, en sont des ingrédients." Les militantes font circuler une pétition destinée au gouvernement. Le document récolte de nombreuses signatures de femmes et d'hommes qui exigent un renforcement de la protection aux victimes de violences et une augmentation des aides attribuées aux orphelins. 

Des démarches insuffisantes 

"Les lois existent, mais elles ne sont pas dotées des moyens nécessaires", affirme également Susana Bejarano au Monde. Cette membre de "Vois la lumière", en grève de la faim depuis une vingtaine de jours, a subi les violences de son compagnon pendant 15 ans. Remise de cette épreuve, elle dénonce : "Un policier pour 150 femmes maltraitées, ce n'est pas assez."

Depuis 2003, près de 900 femmes sont mortes sous les coups d'un conjoint ou ex-conjoint en Espagne. En 2016, près de la moitié des femmes assassinées avaient porté plainte tandis que 15% d'entre elles bénéficiaient déjà d'un plan de protection.
En France, les chiffres sont tout aussi alarmants alors que 122 femmes ont péri sous les coups de leur compagnon en 2015. 

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