Au Texas, un enterrement obligatoire après chaque avortement

DROITS DES FEMMES – L'Etat du Texas aux Etats-Unis a (encore) adopté une mesure restrictive contre l'avortement. Cette dernière a pour ambition de rendre obligatoire des funérailles après une IVG.

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Encore une preuve, s'il en fallait une, du conservatisme en vigueur au Texas : d'ici la fin de l'année 2016, les hôpitaux et cliniques de l'Etat ayant procédé à une interruption volontaire de grossesse auront pour obligation d'organiser des obsèques pour l'embryon, par crémation ou inhumation. Des funérailles qui, en plus, seront aux frais de la femme s'étant fait opérer. De quoi rendre encore plus longue, pénible et coûteuse l'épreuve de l'avortement et ainsi décourager celles qui auront pris la décision déjà douloureuse d'y avoir recours. Pire, cela pourrait pousser encore davantage les femmes à se tourner vers des méthodes d'avortement "maison" pouvant être très dangereuses pour leur santé.  

Les hauts responsables de la santé publique au Texas ont donc proposé cette mesure grotesque, applicable quel que soit le stade de la grossesse. Selon une journaliste du site Salon, même quand "l'embryon est si petit qu'il est invisible, le médecin ou le professionnel de la santé devra toujours le traiter comme une personne décédée et proposer une sorte de sépulture ou une incinération pour elle".

Une décision qui s'ajoute à une série de lois visant à restreindre le droit à l'IVG au Texas Si bien que l'Etat a vu son nombre de cliniques et d'hôpitaux pratiquant cette intervention en chute libre. Des mesures allant à l'encontre de la décision de la Cour suprême des Etats-Unis datant du 27 juin 2016, qui avait réaffirmé avec force et conviction que l'avortement était un droit fondamental pour la gent féminine.

C'est donc un nouvel affront au droit à disposer de son corps, qui sera effectif avant la fin de l'année s'il ne fait pas l'objet de poursuites judiciaires.

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