Violences faites aux femmes : le gouvernement lance son 5e plan d'action

Laurence Rossignol a dévoilé le 5e plan d'action pour lutter du gourvernement à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Concrètement, qu'est-ce qui va changer ?

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"En France, toutes les sept minutes, une femme est violée ; tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex-conjoint ; 220 000 femmes sont victimes chaque année de violences dans le couple", rappelle Laurence Rossignol dans un communiqué. Pour combattre les violences faites aux femmes, le gouvernement a lancé un nouveau plan interministériel – le cinquième – dévoilé par la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes mercredi 23 novembre. Ledit plan d'action, qui s'étale sur deux ans (2017 à 2019), voit son budget doublé par rapport au précédent (125 millions d'euros contre 66 millions d'euros), ce qui est plutôt encourageant. Fort de 122 mesures, il fixe trois objectifs principaux. Et concrètement ?

Sécuriser et renforcer les dispositifs qui ont fait leurs preuves

Outre la consolidation des dispositifs mis en place précédemment, le gouvernement s'engage à sécuriser le numéro d'écoute Violences Femmes Info 3919, à renforcer les effectifs au sein des commissariats et gendarmeries et à mieux former les pompiers, policiers, médecins et autres professionnels en contact avec les victimes de violences.
Pour améliorer leur prise en charge, 350 places d'hébergement d'urgence seront créées, dont une centaine sera dédiée aux femmes de 18 à 25 ans. Les dispositifs de protection d'urgence, tels que les ordonnances de protection, l'éviction du conjoint du domicile ou la téléprotection des personnes en grave danger (TGD) seront "davantage et mieux mobilisés". Aussi, les instances judiciaires seront désormais systématiquement informées des faits déclarés par les victimes et le constat de preuve sera facilité.

Renforcer l'action publique là où les besoins sont les plus importants

Le plan vise également à améliorer la protection des victimes les plus vulnérables, à l'instar des enfants, des jeunes femmes et celles qui vivent en milieu rural. Pour mieux protéger les mères et leur progéniture, "la médiation familiale pour fixer l'exercice de l'autorité parentale" est désormais interdite. Après la séparation d'avec le conjoint violent, l'Agence de recouvrement des impayés de pension alimentaire (ARIPA) assurera l'intermédiation.
Des "espaces de rencontres protégés" seront aussi expérimentés. Pour les femmes géographiquement isolées, des permanences d'écoutes seront créés dans les Maisons de service au public et leurs déplacements seront facilités grâce aux "bons taxis" qui les emmèneront vers des lieux de prise en charge. De plus, pour prévenir le cyber-harcèlement, des guides seront publiés pour faire valoir les droits des victimes.

Déraciner les violences par la lutte contre le sexisme

A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une campagne sera diffusée aussi bien dans les rues, que sur les réseaux sociaux ou à la télévision. afin de faire connaître davantage le numéro d'écoute et d'orientation 3919, anonyme et gratuit.
Des mesures qui viennent donc renforcer celles déjà appliquées. Le Haut Conseil à l'égalité entre les Femmes et les Hommes (HCE) a par ailleurs salué le bilan du 4e plan, indiquant qu'il "a permis une mobilisation soutenue des pouvoirs publics et de l'ensemble de la société"  et qu'il était "globalement satisfaisant". Espérons que le bilan du 5e plan le soit tout autant.

  

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