Sexisme : "Paye ta robe", deux avocates racontent leur quotidien sur un blog  

MISOGYNIE - Deux avocates ont créé un blog pour dénoncer le sexisme ordinaire qu'elles subissent dans le cadre de leur profession. Elles y recensent les remarques déplacées entendues à longueur de journée. Edifiant.

© ginasanders - 123RF

"J'espère que vous êtes nue sous votre robe par cette chaleur", "tu es trop belle pour faire du pénal, on en t'écoutera pas", "les femmes c'est un peu comme des plantes vertes, ça ne sert pas à grand chose", "Maître, vous n'avez pas de chaise, mais venez donc vous asseoir sur mes genoux !". Le sexisme n'épargne aucune sphère de la société et aucune profession. Ces phrases n'ont pas été lancées à une femme dans une quelconque ruelle sordide, mais dans des cours de justice ou les couloirs de tribunaux. 

Emmanuelle et Marie les recensent sur le Tumblr Paye ta robe d'avocate. Elles sont amies, trentenaires, avocates et en ont assez de supporter au quotidien les remarques et attitudes misogynes de leurs collègues. Elles ont donc créé blog inspiré de Paye ta shnekqui dénonce le harcèlement de rue, pour lister les expressions désobligeantes dont elles ont fait l'objet.

Les deux jeunes femmes ont mis en place un espace virtuel de libération de la parole pour leurs consœurs subissant le machisme de leurs pairs. Chacune a simplement à rapporter les propos tenus à son encontre. Ils seront ensuite publiés de manière anonyme sur Paye ta robe. Comme l'explique Marie à Buzzfeed"les témoignages qu'on publie, ce sont beaucoup d'hommes qui se moquent de femmes. Là, on renverse la vapeur. Tout d'un coup, c'est nous qui nous moquons. C'est assez réjouissant".   

Le métier d'avocat reste aujourd'hui encore majoritairement masculin, même s'il s'est féminisé. Marie donne des chiffres accablants qui démontrent les énormes progrès qu'il reste à faire dans le milieu juridique : "Les hommes gagnent plus que les femmes. Il y a seulement 20% de femmes associées dans les cabinets et 40% des femmes quittent la profession dans les dix premières années."  

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