Violences conjugales : du street-art pour dénoncer les féminicides

DROITS DES FEMMES – 89 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint en France depuis le début de l'année. Une campagne de street-art se déploie dans Paris pour montrer au grand jour cette réalité accablante.

© Page Facebook "Ils nous tuent"

Sur le bitume et les murs parisiens, des visages de femmes. Peints pour tenter de redonner la parole à celles qui ne sont plus, victimes des coups de leur compagnon, leur mari, leur ex. Des pochoirs au sol pour dénoncer et montrer aux yeux de tous l'horreur de cette réalité : depuis le début de l'année 2016, 89 femmes ont succombé à des violences conjugales.

Depuis le 1er novembre, en se promenant dans les rues de la capitale, on peut voir ces visages, mais aussi les prénoms des victimes, accompagnés de messages sans équivoque : "Tu étais violent, je t'ai quitté", "Etait-ce une raison pour me tuer ?". Le but étant de redonner à ces femmes ce que des hommes leur ont enlevé pour toujours : la parole et la possibilité de se défendre en dénonçant ces violences. 

A l'origine de cette campagne de street-art nommée Ils nous tuent, également déclinée sur un site internet, Pauline Arrighi, militante féministe et ex-porte-parole d'Osez le féminisme, qui a créé son Tumblr Je connais un violeur.  "On n'a jamais le point de vue de ces femmes, mais toujours celui du tueur dans les procès, qui se cherche des excuses. Cela m'a énervé, alors je me suis dit que ce serait bien de faire un truc dans l'espace public, parce que c'est kiffant, c'est très subversif, pour exprimer ce que les victimes diraient", a-telle expliqué à Grazia

Une campagne poignante qui rappelle la nécessité du combat contre les violences conjugales. Chaque année, plus d'une centaine de femmes meurent sous les coups d'un homme. En 2015, elles étaient 122 (chiffres du Ministère des Familles). Une tous les trois jours.   

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