Pakistan : le crime d'honneur enfin sanctionné

JUSTICE - La loi fédérale, adoptée en 2005 au Pakistan concernant les crimes d'honneur, a été renforcée. Dorénavant, les auteurs, libres jusqu'alors par simple pardon accordé par les familles, seront poursuivis en justice et risqueront la prison à perpétuité.

© sigalavaca

C'est la goutte de sang qui a fait déborder le vase. Le meurtre de Qandeel Baloch, étranglée par son frère qui considérait qu'elle avait déshonoré la famille en juillet 2016, énième signe de l'impunité et de la toute puissance des hommes au Pakistan, a indigné et bouleversé l'opinion publique. En réaction, le 6 octobre, le Parlement pakistanais a voté le renforcement de sa loi fédérale de 2005 concernant les "crimes d'honneur". Avec cette loi, c'est aussi la mémoire de toutes les femmes assassinées au nom de l'honneur qui va être honorée.

Désormais, les meurtriers ne seront plus blanchis grâce au simple pardon de la famille. Ils feront l'objet de poursuites judiciaires et risqueront la prison à vie. Une avancée considérable dans un pays régenté par l'autorité des hommes où les frères, pères et maris se donnent le droit de tuer les femmes de leur famille qui leur font "honte" sans en payer les conséquences. Sughra Imam du Parti du peuple pakistanais, ancienne sénatrice à l'origine de cette politique de durcissement, a salué la décision : "Aucune loi n'éradique entièrement un crime. Mais au moins, elle n'autorisera plus les pires comportements impunément."

Les crimes d'honneur font rage dans les pays d'Asie et en particulier au Pakistan : la Commission des droits humains s'était fendue en avril d'un bilan catastrophique faisant état d'une sérieuse augmentation des meurtres depuis 3 ans, due d'après les chercheurs, à "l'évolution des modes de vie, qui donne du pouvoir aux femmes via Internet et se télescope avec les normes sociales traditionnelles". Le pouvoir de la dissuasion généré par ces nouveaux amendements est sur le point de changer la donne. Enfin !

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