Viol : le HCE appelle à "une juste condamnation sociétale et judiciaire"

VIOLENCES SEXUELLES - Le Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes appelle à une "juste condamnation sociétale et judiciaire" du viol, dans un rapport alarmant publié le 5 octobre.

© HCE

Chaque année en France, 84 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol, quand 1 femme sur 5 déclare avoir subi des violences sexuelles au cours de sa vie. Ce n'est pas tout : 1 femme victime sur 10 porte plainte quand seulement 1 plainte sur 10 aboutit à une condamnation. comme le rappelle le Haut Conseil à l'Egalité (HCE). Face à ce constat alarmant (et accablant), celui-ci a remis le 5 octobre son "avis pour une juste condamnation sociétale et judiciaire du viol et autres agressions sexuelles" à Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, et à Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité de l'Assemblée nationale, dans lequel il fait part de 12 recommandations. Le HCE appelle, entre autres, à ce que les victimes de violences sexuelles puissent bénéficier de soins – médicaux et/ou psychologiques – pris en charge à 100% par l'Etat, à allonger les délais de prescriptions des viols et agressions sexuelles, à renforcer la définition des crimes et délits sexuels dans le code pénal, ou encore à "instaurer un seuil d'âge de 13 ans en dessous duquel un(e) enfant est présumé(e) ne pas avoir consenti à une relation sexuelle avec un(e) majeur(e)". 

#ViolDénoncéEtAprès?

A l'occasion de la présentation, le HCE a lancé sur les réseaux sociaux le hashtag #ViolDénoncéEtAprès, qui s'est rapidement hissé en Trending Topic sur Twitter. De nombreux témoignages d'internautes y ont été partagés, relatant les injustices qu'elles ont connues lorsqu'elles ont voulu dénoncer le crime qu'elles avaient subi. Et de dénoncer les forces de l'ordre, personnels médicaux et proches qui ont minimisé le viol, ou les ont fait culpabiliser à coup de "vous l'avez voulu" ou "êtes vous sûres que c'était un viol ?" De quoi se rendre compte de l'ampleur du problème et de la nécessité de renforcer la protection des victimes et les textes de loi pour mieux condamner les agresseurs. Car "le viol est une arme de destruction des femmes, en témoignent les conséquences nombreuses qu'il génère chez ses victimes, tant physiques que psychiques", comme l'indique le HCE dans son communiqué. Et il serait temps qu'il soit réellement reconnu en tant que tel.