IVG et contraception d'urgence : une mutuelle étudiante culpabilise les jeunes femmes

POLEMIQUE - La Smerep, sécurité sociale étudiante, a publié un communiqué portant sur les résultats d'une enquête sur les habitudes contraceptives des jeunes femmes. Et les formules moralisatrices et culpablisantes ne manquent pas...

La Smerep a publié le 5 septembre un communiqué de presse, relayant les chiffres d'une étude menée sur des étudiantes françaises et les moyens de contraception qu'elles utilisent. Ce qui frappe, ce ne sont pas tant les résultats, mais les tournures moralisatrices et culpabilisantes employées par la mutuelle étudiante. Ainsi s'ouvre ledit communiqué : "La SMEREP tire la sonnette d'alarme quand (sic) au comportement à risque des jeunes femmes ayant trop souvent recours à la contraception d'urgence ou encore à l'IVG." Outre le champ lexical du danger et les jugements sur "les comportements des jeunes femmes" (quid des hommes ?), le document enchaîne en plus les formulations hasardeuses.

"L'étude montre également que 42% des étudiantes françaises ayant déjà eu des rapports sexuels, ont déjà eu recours, au moins une fois, à la contraception d'urgence (ou " pilule du lendemain "). Près de 10% d'entre elles y ont eu recours 3 fois et 3% plus de 5 fois !", peut-on lire. Si le point d'exclamation en dit long, les causes pouvant justifier l'utilisation de la pilule du lendemain ne sont pas mentionnées.

Et de conclure, sur un ton qui se veut bienveillant : "La Smerep tient à alerter sur ces situations vécues par les jeunes femmes et sur les conséquences psychologiques parfois graves qu'elles peuvent vivre lors de la pratique d'une intervention volontaire de grossesse". Sauf qu'un risque de grossesse survient lorsqu'un homme et une femme ont un rapport sexuel : pourquoi "alerter" seulement les jeunes femmes sur la contraception et leur faire porter toute la responsabilité ?

Les internautes sont rapidement montés au créneau sur les réseaux sociaux, dénonçant les propos "sexistes" et "réactionnaires"  tenus par l'organisme de sécurité sociale. D'autant plus que des sites anti-IVG n'ont pas tardé de reprendre les données du communiqué. Interrogé par Buzzfeed, le président de la Smerep, Hadrien Le Roux, explique qu'il ne s'agit pas d'un "jugement moral, mais [de] dire qu'il faut faire plus de prévention." Et d'ajouter : "Si nos propos sont repris et déformés par des anti-IVG, peut-être qu'il y a une maladresse de notre part, mais la plupart des anti-IVG ne sont pas favorables à la contraception, nous sommes en désaccord avec eux." Mais pas sur le droit à l'avortement ?

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